La licence «Resident Evil» est l’un des poids lourds du marché vidéoludique, un de ces objets économiques qui a su s’extraire de son biotope naturel pour s’implanter dans d’autres domaines esthétiques et commerciaux (film et film d’animation, en l’occurrence). C’est aussi la collection la plus marquante de ce genre bien spécifique que l’on nomme «survival horror», dont la typologie mêle les caractéristiques de l’épouvante et du jeu de tir: certains de ses concurrents ont choisi la compagnie des spectres, «Resident Evil» préfère celle des zombies, qui dans son univers ont tendance à se montrer à chaque coin de rue pour cause d’épidémie déclenchée par un projet mal maîtrisé d’arme biologique quelque part du côté de Raccoon City, ville fictive du Middle West des Etats-Unis d’Amérique. Corollaire des composants de cet univers: un bon jeu de «survival horror» est censé vous faire sursauter. De peur surtout, de rire, un peu.

C’est peut-être parce qu’à son âge l’auteur de ces lignes ne croit plus aux zombies (ni d’ailleurs aux esprits frappeurs), mais ce dernier doit reconnaître que son expérience de «Resident Evil 6» a connu un renversement assez net des proportions du comique et de l’horrifique.De la part du studio Capcom, ce n’était pas forcément volontaire: ce n’est pas grave, la conversion n’est pas rédhibitoire.

Posons le décor: le jeu se décline en quatre campagnes, chacune d’entre elles étant menée par un binôme de personnages majeurs de la geste (Leon, Helena, Jake et les autres...). On passera sur le scénario - minçolet - pour se concentrer sur l’ambiance - pas de surprises notoires, mais un rendu valable: de plateau en plateau, qui vous emmèneront des USA à la Chine en passant par l’Europe, vous ne pourrez quasiment pas faire un pas sans tomber sur un mort-vivant, et ce quel que soit l’endroit où vous vous trouverez: école, égoûts, voie de métro, ad lib. Mention spéciale aux décors, dont les concepteurs ont particulièrement soigné l’aspect éternellement suintant. Quant aux zombies - qui restent tout de même le plat de résistance de «Resident Evil» -, ils sont fidèles à eux-mêmes: bêtes et affamés, et donc prompts à vous confondre avec un casse-croûte. Mais on ne peut s’empêcher de trouver d’un comique bon enfant leur démarche chancelante et leurs grommellements.

Au final, «Resident Evil 6» ne fait que proposer de manière un peu fade les canons du genre. Pas de débauche d’intelligence, pas de choc d’angoisse. Simplement le savoir-faire d’une certaine habitude.

Note: 3,5 sur 5