Qui pourrait imaginer que cette ancienne ferme, située au cœur du village de Meyrin, abrite une radio en pleine expansion? Pourtant, c'est dans le fond de son arrière-cour qu'a choisi de s'installer, voilà six ans, toute l'équipe de jeunes animateurs de Meyrin FM. Jusque-là exclusivement diffusée au sein de la commune meyrinoise, cette radio amateur a franchi une nouvelle étape le 16 février dernier. Elle émet désormais sur l'ensemble du réseau câblé du canton. «Cet agrandissement est un nouveau défi pour nous, mais il ne s'agit que d'une première étape», explique Eric Cornu, 23 ans, responsable de la radio. «Notre rêve secret est bien évidemment de devenir la radio numéro un sur Genève et de supplanter One FM.»

Créée en 1994 par l'Association des Jeunes de Meyrin, cette radio associative a pour but originel d'apporter un média d'information locale à la population de cette commune. «C'est un bon moyen d'expression pour tous et un divertissement qui plaît à beaucoup de jeunes. D'ailleurs, cela les aide à ne pas faire de conneries pendant qu'ils sont là», explique le responsable. Après avoir débattu au sein de l'Association des Jeunes de Meyrin et avec tous les membres de la radio, il a été décidé d'élargir la portée de la radio. Meyrin, avec son potentiel de 9000 foyers est dès lors devenu trop petite, et c'est tout le canton de Genève qui est aujourd'hui visé. «Nous avons demandé, dans un premier temps, à l'Office fédéral de la communication d'être diffusé sur le réseau hertzien, mais il est encore trop saturé, alors on nous a conseillé de nous armer de patience.»

En attendant, les quelque 150 à 200 000 foyers du canton vont pouvoir écouter Meyrin FM sur le câble. «Bien sûr que cela nous met une certaine pression, il faut avoir de la rigueur, car on devient de plus en plus professionnels.» Une trentaine de jeunes bénévoles, de 14 à 28 ans, s'occupe de la radio en dehors de leurs études. La chaîne diffuse ainsi de la musique tous les jours de la semaine, toute la journée. Dès 18 h en semaine et tous les après-midi du week-end jusqu'à 22 h, les jeunes prennent l'antenne pour l'animer. Aucun salarié, que des passionnés: «Même si c'est une activité secondaire, elle prend beaucoup de notre temps.»

Chaque samedi après-midi depuis le mois de septembre, Benjy, 14 ans, anime l'émission On tient l'antenne: «Chaque matin, j'écoutais Arthur sur Europe 2, et j'adorais ce qu'il faisait, et puis, j'ai vite compris que la radio était un formidable moyen de s'exprimer et de transmettre aux autres jeunes notre message.» Son émission traite de plusieurs sujets de société, mais son thème principal «c'est la déconne, même s'il ne faut pas le dire!». Lorsqu'ils ont appris la diffusion de la radio à l'échelle de tout le canton, Benjamin et son équipe ont sauté de joie. «On n'est plus dans la cour de récré, désormais il faudra se tenir au courant de toute l'actualité de Genève.» Pour Christine Buscat, 23 ans, trésorière de la radio et animatrice de l'émission La Totale, c'est une grande fierté, même si «c'est clair que c'est beaucoup plus stressant». «Je tiens à cette radio et je me battrai pour elle, affirme la jeune fille. J'y consacre deux jours par semaine en plus de mon travail à plein-temps, mais c'est ma passion.»

Meyrin FM est subventionnée par la commune à hauteur de 20 000 francs par an. «Le prix de la diffusion sur le câble genevois est de 15 000 francs», explique Eric Cornu. Avec les 5000 francs restant, il leur faut encore payer l'entretien du matériel informatique, les droits d'auteurs, l'électricité et autres menus frais. «C'est peu, nous sommes donc toujours à la recherche de la participation de sociétés privées, mais c'est dur à trouver.» Si le budget est restreint, il a toujours été exclu pour l'ensemble des animateurs de faire passer de la pub sur la radio. «C'est notre originalité, explique Eric Cornu. Puisqu'il existe un nombre impressionnant d'émetteurs présents sur Genève, nous devons nous différencier pour exister.»

Meyrin FM sur le câble: 99.0 FM.