La société Macromedia, qui avait réussi, grâce à la simplicité et à la qualité de son outil d'animation lancé en 1996, à imposer la technologie Flash comme un standard sur le Réseau, n'avait pas pu résister à Adobe, le géant de l'image, qui l'avait absorbée en avril 2005 pour 3,4 milliards de dollars. L'histoire va-t-elle se répéter avec Microsoft, que ses appétits gargantuesques poussent à développer des outils similaires?

Flash tout-puissant

Microsoft entre dans la bataille et tente une percée dans l'univers de l'animation et de la vidéo, jusque-là entièrement dominé par la technologie Flash, installée sur plus de 95% des ordinateurs connectés à Internet, et utilisée par YouTube ou Dailymotion pour l'affichage des vidéos.

La firme de Redmond a développé pour les principaux navigateurs web un petit plug-in (2 Mo) baptisé Silverlight, qu'elle présente comme une alternative à Flash. Il permettra notamment, comme son concurrent, la lecture de contenus multimédias, mais aussi le développement d'applications internet enrichies (RIA). Comme c'est le cas pour de nombreux produits de Microsoft, des outils de développement (SDK) seront proposés aux éditeurs de contenus. Selon toute vraisemblance, Silverlight fera partie intégrante d'une suite d'outils de développement baptisée Expression, censée venir concurrencer Creative Suite d'Adobe. La compatibilité de Silverlight, qui devrait être mis à disposition en version bêta à la fin du mois d'avril, avec les principaux navigateurs du marché permettra de toucher aussi bien le marché des PC sous Windows que celui des ordinateurs Apple sous Mac OS.

Adobe n'est pas en reste. La société, qui édite notamment le célèbre Photoshop, Illustrator (images vectorielles), Acrobat (PDF) et Flash (animations) est en train de développer Adobe Media Player, un lecteur vidéo multimédia. Il s'agit d'un lecteur gratuit de vidéos, permettant notamment de lire des séquences en haute définition, mais aussi d'analyser et de sécuriser le visionnage de films côté diffuseurs. Le domaine de la vidéo était jusqu'alors réservé à Microsoft et son Windows Media Player, à Apple avec Quicktime Player et à Real Networks avec Real Media Player.

Vers les médias «riches»

Ce début d'année marque un changement de politique radical entre Microsoft et Adobe, qui annoncent chacun de leur côté des suites de développement de médias internet riches: Microsoft promeut son Windows Presentation Foundation (WPF), alors qu'Adobe dévoile peu à peu Apollo, une suite intégrant les technologies les plus couramment utilisées sur le Net (Ajax, PDF, Flash, Flex, HTML, Javascript), et ce, que ce soit en ou hors ligne, et pour tous types de systèmes d'exploitation (Windows, Mac OS ou Linux). Après le langage Java de Sun, le navigateur internet de Netscape, Microsoft va-t-il encore une fois réussir à renverser puis écraser la concurrence?