Au moins, il y a de l’ironie. La première intervention de la CIA sur Twitter est formulée ainsi: «Nous ne pouvons ni confirmer, ni infirmer que ceci est notre premier tweet». Manière auto-parodique de faire irruption sur le réseau social. L’agence américaine de renseignement est désormais sur Twitter et Facebook. Pour y faire quoi, cela reste encore à préciser.

Signalé par le blogueur spécialisé du Monde, un article d’ABC raconte que cette phrase fameuse, en version originale «Can Neither Confirm Nor Deny», a été façonnée en 1975, au plus haut de la Guerre froide. Elle a vite été utilisée de manière systématique, et a reçu le surnom de «phrase Glomar». Dans les années 1970, «Glomar», pour «Global Marine», était une société mandatée par la CIA dans le cadre de la traque d’un sous-marin soviétique.

L’Agence était déjà présente sur Flickr et diffusait parfois des vidéos par le biais de Youtube. Avec les deux grands réseaux de papotage et de gazouillis électroniques, elle veut renforcer sa présence, et sans doute, son image. Dans son profil Facebook, elle pose: «Nous sommes la première ligne de défense du pays. Nous accomplissons ce que les autres ne peuvent accomplir et allons où d’autres ne peuvent pas aller.» Dans un communiqué, John Brennan, le directeur de cette administration qui ne publie ni son budget, ni le nombre de ses employés (estimé à 21 000), assure que la CIA investit ainsi les réseaux «pour dialoguer plus directement avec l’opinion et fournir des informations sur la mission de la CIA, son histoire».

Les plus enthousiastes devront toutefois rafraichir leur ardeur. Sur Twitter, l’Agence dit se réjouir de partager «du passionnant contenu déclassifié». De fait, elle prévoit de ne publier que ses communiqués de presse, et elle n’est pas bavarde. Depuis le début de l’année, elle n’a diffusé que 10 communiqués. Elle ajoute qu’elle présentera aussi des pièces de son musée, lequel n’est pas public… En somme, l’institution se met en abyme, communiquant pour mieux prévenir, qu’elle ne dira pas grand-chose.

La démarche est entreprise alors que les hommes du renseignement américain demeurent critiqués, entre autre pour leur usage de la torture dans le cadre de la «guerre contre le terrorisme». Et en pleine crise ukrainienne, qui a quelques relents de Guerre froide…