On n'a pas le droit de débrancher le respirateur d'un patient sans prévenir. C'est pourtant le coup que nous a fait jeudi soir la TSR en interrompant brutalement la diffusion du millésime IV d'Urgences. D'accord, on nous a balancé une perfusion d'anciens épisodes pour éviter l'encéphalogramme plat – et ce sera le menu des semaines à venir – mais le pronostic reste réservé. Ainsi supporterons-nous d'attendre jusqu'au 3 septembre pour savoir si Peter Benton succombera au charme incisif de la très Britannique Elisabeth Corday? Si Doug Ross et Carol Hathaway se résoudront à convoler? Et si Mark Greene finira enfin par larguer cette gourde de Cynthia (là, il y a véritablement urgence)? Certes, nous aurons droit tout l'été à notre content hebdomadaire d'hémoglobine. Mais le fan d'Urgences ne vit pas de sang seulement. Il veut sa dose de sentiments, de conflits et de sexe. Et, composante clé de la série, de cette amicale rudesse qui caractérise les échanges des forçats du Cook County Hospital avec leurs malades.

A quand d'ailleurs, une série sur le tournage de cette série? Histoire de nous prouver que ce n'est pas de la vraie vie qu'on nous sert là. Ni des vraies morts, ni des vrais drames. Ou alors – mieux! – à quand une série en direct, pour de bon, aux urgences d'un vrai CHUV? A quand enfin, pourquoi pas, un p'tit bobo pas trop grave mais sanglant tout de même qui nous propulserait une heure ou deux dans cet univers mythique des hommes en vert? On doit bien être des milliers à rêver de passer un moment entre les mains d'un John Carter…