Le site américain d'échange de musique sur Internet Napster a proposé dans un communiqué mercredi de verser pendant cinq ans des forfaits annuels de 150 millions de dollars aux principales maisons de disques (Sony, Warner, BMG, EMI et Universal), de 50 millions aux labels et artistes indépendants et de lancer un service payant à l'été 2001.

Cette proposition, évaluée à 1 milliard de dollars, intervient après que la neuvième cour d'appel de San Francisco a estimé le 12 février que Napster encourageait la violation des droits d'auteur, ouvrant ainsi la voie à une possible interdiction du site, si Napster ne parvient pas à un arrangement avec l'Association américaine de l'industrie phonographique (RIAA).

Le projet de service payant prévoit un abonnement de base de 2,95 à 4,95 dollars par mois, qui permettrait d'échanger un nombre limité de chansons, et un forfait plus élaboré, entre 5,95 et 9,95 dollars, offrant des échanges illimités. L'argent serait ensuite réparti entre maisons de disques au prorata des fichiers de musique échangés.

Tandis que le groupe allemand Bertelsmann, qui a conclu une alliance avec Napster en octobre 2000, s'est félicité de l'offre de règlement à l'amiable, Hilary Rosen, présidente de la RIAA, a appelé Napster à se conformer à l'injonction du tribunal qui prévoit que le site soit confronté aux plaignants le 2 mars: «Cette voie serait plus productive que d'essayer de lancer des négociations commerciales en se servant des médias.»