Le week-end musical fut intense grâce à deux émissions qui pallient, chacune à leur façon, la carence dramatique de fenêtres consacrées à la musique dans le paysage audiovisuel. D'abord, l'auditeur a pu se faire téléspectateur pour se plonger dans le Music Planet qu'Arte consacrait, samedi soir, aux Beach Boys. En une heure d'interviews et d'images d'archives, c'est toute la mécanique chaotique d'un groupe-emblème des Etats-Unis qui se dévoilait. Les minutes de gloire sur scène prenaient soudain une couleur différente à l'écoute des heures d'angoisse générées par les tribulations des frères Wilson, comme une autre narration de cette Amérique-là.

Puis, dimanche matin sur RSR-La Première, Jean-Luc Lehmann consacrait son rendez-vous à Teri Moïse. De Port-au-Prince à Paris en passant par Berkeley, la chanteuse racontait, toujours prête à dégainer un fou rire, son parcours au cœur de toutes les influences: «Ce que je garde encore d'Haïti? Comment voulez-vous que je le sache?» Questionneur aussi modeste que captivant, l'animateur de Sous réserve n'a pas son pareil pour glisser ainsi de la création musicale à la vie, sans une once de voyeurisme, soulignant sans le dire à quel point c'est la même chose. Et lorsque la vie est celle de Teri Moïse, c'est une nouvelle page de micro-histoire qui se raconte avec des mots aussi bien qu'en chansons.