C'est la fin d'un très long règne sans partage. Jamais, depuis la sortie de sa toute première Game Bay Pocket en 1996, Nintendo n'avait dû se frotter à une concurrence sérieuse. Le fabricant nippon avait eu tout loisir d'écouler tranquillement plus de 110 millions de versions Color (1998), Advance (2001) et Advance SP (2003) de sa célèbre Game Boy. Depuis vendredi, Nintendo propose en Suisse sa nouvelle console DS, qui affrontera bientôt une concurrente de taille. Dès mi-avril – la date de sortie n'est pas encore connue –, Sony lancera en Suisse sa PSP, une console nettement plus puissante qui risque de rendre très vite obsolète la DS. Les deux consoles sont déjà commercialisées depuis début décembre au Japon, et les chiffres de vente sont excellents. D'ici à fin mars, Nintendo aura vendu cinq millions de DS, Sony trois millions de PSP.

Revenons à la DS. Première impression, son look est très décevant. Au point que l'on se demande si Nintendo n'a pas voulu lui donner volontairement un design rétro… Fermée, la console s'apparente à un vieil ordinateur de poche composé de deux couches grises et une noire. Bref, la DS est laide. Ouverte, l'impression n'est pas meilleure. Les touches de contrôles semblent archaïques, et les deux écrans, d'une diagonale de trois pouces chacun, minuscules. La console est lourde (275 g) et grande (14,8 cm x 8,5 cm x 2,9 cm).

Très bonne perspective en trois dimensions

Une fois allumée, la DS propose de lui donner un nom et de régler le calendrier. La console ne sert pas d'agenda électronique, mais peut faire office de réveil. Les écrans affichent 262 000 couleurs et sont de bonne qualité. Celui du bas est tactile, et s'utilise avec un doigt, un stylet ou une dragonne, pratique pour déplacer un personnage durant un jeu.

Deux jeux ont pu être testés, Super Mario 64 DS et une démo jouable de Metroid Prime Hunters. Le résultat est excellent. D'abord parce que la DS offre une très bonne perspective en trois dimensions. Les mouvements des personnages sont très fluides – il faut un petit moment pour s'y habituer –, et la combinaison entre l'écran d'action et l'écran tactile fonctionne bien. L'écran tactile permet de se repérer facilement sur une carte ou de changer d'arme. De plus, le son stéréo diffusé par les deux haut-parleurs apporte un plus indéniable. Au niveau des commandes, la DS possède un petit micro qui permettra, pour certains jeux à venir, d'effectuer des actions, comme, par exemple, de souffler dans les voiles d'un bateau.

La DS est équipée d'un module de jeu en réseau sans fil, qui permet à douze joueurs de s'affronter.

Grande première, certaines parties à plusieurs peuvent s'effectuer avec une seule cartouche de jeu. D'après nos tests, les DS doivent être éloignées de 15 mètres au maximum pour jouer dans d'excellentes conditions. A noter encore que le module de communication de la DS ne permet pas d'accéder à Internet en Wi-Fi. Par contre, un petit logiciel intégré permet de communiquer entre deux DS via des pictogrammes ou des petits dessins – ce qui relève de l'accessoire.

Un look rébarbatif mais des possibilités étendues

La Nintendo DS est vendue 229 francs, et les quatorze jeux prévus au lancement le sont de 49 à 69 francs. Il est toujours possible d'insérer les cartouches de la console précédente, la GBA SP, dans la DS.

Au final, malgré des craintes initiales dues à son look rébarbatif, la DS a vite rassuré quant à l'étendue de ses possibilités. Vu son prix et les jeux disponibles (Pokémon, Rayman ou encore Spiderman 2), la DS s'adresse surtout aux enfants. Les adultes attendront avec impatience la PSP…