PRESSE

La nouvelle Lausanne FM: «petite radio dans le grand monde de l'info»

Gian Pozzy, ancien rédacteur en chef de «24 heures», prend la direction de l'information de la radio lausannoise 102.8 dont la nouvelle grille démarre le 1er mars. L'équipe affiche de grandes ambitions malgré ses petits moyens

Après 27 ans de presse écrite, dont sept ans comme correspondant à Rome et près de six comme directeur-rédacteur en chef du quotidien vaudois 24 Heures, Gian Pozzy se tourne vers la radio. Dès lundi, il prend la direction de l'information à Lausanne FM, ex-102.8, ex-Nostalgie Lausanne et ex-Acidule. «A un certain moment de sa vie, il faut se remettre en question et prendre un nouveau départ. Sans quoi, on s'ennuie et on devient mauvais», dit-il pour expliquer son virage. Interview du journaliste passionné qui espère faire de Lausanne FM, achetée récemment par l'homme d'affaires genevois Pio Fontana, la voix de toutes les communautés du grand Lausanne.

Le Temps: Quel sera le public cible de Lausanne FM?

Gian Pozzy: Nous avons avant tout l'intention de couvrir les besoins des auditeurs de Lausanne et de ses environs immédiats, soit 250 000 personnes. Notre émetteur (102.8), situé en Haute-Savoie, inonde un rayon de Montreux à Nyon, avec une audience potentielle de 380 000 personnes. Notre cible principale: la tranche des 25 à 45 ans.

– Quelle mission donnez-vous à cette radio?

– Nous ne sommes pas une radio d'accompagnement, c'est-à-dire musicale. Nous allons développer progressivement un département d'information pointu, capable de se poser comme véritable complément à la presse écrite locale. Je souhaite même que l'on puisse instaurer une collaboration avec 24 Heures et la Télévision de la région lausannoise TVRL.

– Lausanne a-t-elle vraiment besoin d'une radio locale?

– Comme il ne reste qu'un journal lausannois, il est donc indispensable, notamment pour la diversité de l'information, d'avoir une radio. Ce rôle ne peut être joué par la Radio Romande qui, comme son nom l'indique, a une vocation plus large. Quant à Radio Framboise, elle est bien implantée dans le canton de Vaud mais Lausanne et son agglomération ne sont pas sa priorité.

– Quels sujets allez-vous privilégier?

– Il faudra parler de toutes les communautés qui forment l'agglomération lausannoise. Pas seulement des Suisses, des Italiens, des ex-Yougoslaves mais aussi des riches et des pauvres, des commerçants et des fonctionnaires, des autorités communales et leurs administrés. Par ailleurs, dans une ville qui offre une densité culturelle unique, il me semble très important de refléter toute la création artistique, y compris et surtout dans ce qu'elle a de spontané et de non-officiel.

– Les sports aussi?

– La TSR, mais aussi la Radio romande n'ont plus les moyens de couvrir les activités sportives des clubs régionaux. Dès lors, nous donnerons un écho à tout ce qui se passe non seulement en foot et en hockey, mais aussi en basket, volley et autres disciplines.

– Nostalgie aussi, avant de disparaître, affichait de belles ambitions sur Lausanne…

– Certaines radios se sont lancées avec de gros moyens financiers mais n'ont pas trouvé suffisamment d'auditeurs ni d'annonceurs. Cela nous encourage à être prudents. Nous commençons donc petit et nous nous développerons au fur et à mesure que les ressources le permettront. Pour la nouvelle grille qui démarre le 1er mars, notre équipe compte trois journalistes pour l'info générale, un pour la sportive et quelques collaborateurs extérieurs et chroniqueurs. Avec ces effectifs, il sera évidemment difficile d'assurer les bulletins d'information, de réaliser des interviews et des reportages et d'animer des débats. Nous ferons donc de l'artisanat, mais participer à la création d'un média nouveau nous motive tous énormément.

– Ne craignez-vous pas qu'une radio si locale isole la tribu lausannoise du monde extérieur?

– Il existe assez de médias écrits et électroniques qui permettent aux Lausannois de s'ouvrir au monde extérieur. L'information locale a une grande noblesse: elle oblige à être sans cesse sur le terrain, rencontrer les gens et à leur faire dire ce qu'ils portent en eux. Il faut être précis dans cet exercice. Il est facile de dire que Bill Clinton est un crétin. Mais si on le dit du syndic d'une commune lausannoise, il faut pouvoir le justifier car lui-même sera un auditeur. Les dizaines de chaînes de télévision dont disposent les foyers ne parlent pas suffisamment du quotidien des gens. Seule une information locale permet de recréer les liens entre les communautés. Notre petite radio locale fera partie du grand monde de l'information.

Publicité