bioshock infinite

Dans les nuages, après la Chute

Testé sur PS3. Disponible également sur PS Vita, XBox 360, PC, et Mac.

Il y a des jeux qui vous en mettent plein la vue. Et il y a ceux qui vous proposent une vision: «Bioshock Infinite» est de cette dernière race, qui ne se contente pas de créer un tunnel sensoriel mais ose un sursaut poétique. On rappellera que les premiers épisodes de la licence «Bioshock» possédaient déjà cette capacité: leur uchronie mettait en scène la ville subaquatique de Rapture, véritable ode à l’autoritarisme déglingué, que baignait avec brio une esthétique très années 30 et 40.

Le nouveau volet de la série quitte les profondeurs marines pour le ciel et déplace le curseur esthétique dans les années 10. Vous êtes à Columbia, cité littéralement aérienne, accrochée à ses cumulus. Cette communauté a fait verticalement sécession des USA sous l’impulsion de son maître, gourou, prophète et possiblement Dieu, le fort barbu Comstock. On est ici dans une forme de phalanstère, mais affligé d’une inversion morale: le sentiment d’être élu est avant tout une forme de mépris envers ceux d’en bas - la «Sodome inférieure» - et envers ceux dont on diffère: à Columbia, la ségrégation raciale est un art de vivre.

C’est dans ce monde étrange qu’un homme d’en bas, le détective Booker DeWitt - autrement dit: vous -, va être envoyé pour en arracher une jeune fille, nommée Elisabeth. Pourquoi? On ne le dira bien entendu pas ici. Posons simplement que cette jeune fille possède l’étonnant pouvoir de jeter des ponts entre univers parallèles.

A vous, donc, de protéger Elisabeth. Vous le ferez, selon un canevas qui tient tout autant du jeu d’aventure que du FPS, dans un univers d’une beauté et d’une inventivité que peu de jeux ont atteintes jusqu’à présent:la narration est extrêmement soignée, le rendu sociologique de Columbia est pointilleux, son substrat philosophique - certes condamné - donne une colonne vertébrale solide et intrigante à l’aventure, les trouvailles du level design - tant au niveau de l’architecture que, par exemple, des modes de locomotion - sont renversantes, et le gamepaly (qui mêle l’usage d’armes à feu à celui de philtres) est inventif. On a là, sans qu’auncun doute soit permis, un véritable chef-d’œuvre.

Note: 4,5 sur 5

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