Migrations

Olivier Flaction: «Les requérants ont été très bien accueillis dans les petits villages»

Le vigneron à la retraite accompagne des groupes de requérants d’asile pour des marches dans les vignes et les alpages

«Ils ont été bien accueillis»

Il a essayé une fois. Il a aimé ça, alors il recommence. Ancien vigneron et œnologue, le retraité guide chaque année un groupe de requérants jusqu’au gîte de Lodze, qui lui appartient. Pour Olivier Flaction, faire découvrir le Valais à des adultes qui portent sur tout «le regard d’un enfant», c’est «un pur bonheur», et «une goutte d’eau dans la mer».

Les deux premières fois, il a parcouru la vallée de la Lizerne, ses vignobles et ses alpages, avec les femmes du centre de formation et d’occupation Le Botza, à Vétroz. Il a adoré ça, mais «ce n’était pas une grosse prise de risque». En juin dernier, il a tenté une marche plus sportive avec les hommes, qui ont rallié le refuge, à 1976 mètres d’altitude, en un peu plus de cinq heures. Le projet initial a été proposé par une animatrice socioculturelle qui réalisait son travail de diplôme. Olivier Flaction était alors son maître de stage et il avait envie de tenter l’expérience. Aujourd’hui, le projet est reconduit d’année en année par l’Etat du Valais, et l’accompagnateur en montagne, qui fait cela bénévolement tout en étant défrayé pour le logement et la nourriture des requérants, juge qu’il «occupe intelligemment sa retraite». La visite de la fromagerie, l’apéro avec les villageois ou la traite des vaches, ça lui plaît «au moins autant qu’aux requérants», avec lesquels il communique surtout avec des gestes ou des mimiques.

De ses balades avec des requérants d’asile dans la vallée de la Lizerne, face aux falaises du Haut de Cry, il tire une collection d’anecdotes. Il se souvient d’hommes «qui échangeaient des paires de souliers abîmés par solidarité», avant de faire des selfies au cœur des Alpes. Et il n’oublie pas un Somalien au «regard vide devant une centaine de vaches». L’homme avait possédé un troupeau semblable, dont «les bêtes avaient une bosse sur le dos», disait-il. Elles ont été abattues pendant la guerre civile.

Aujourd’hui, Olivier Flaction se réjouit de recommencer, parce qu’il n’en a «jamais marre de marcher dans les vignes et les alpages». Il dit recevoir plus qu’il ne donne, rigole en évoquant les grimaces des Africains devant la raclette, et vante les ondes positives de la montagne: «J’ai toujours eu l’impression que les réfugiés étaient malvenus partout, mais dans les petits villages des coteaux, ils ont été très bien accueillis.»

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