Call of Juarez: The Cartel

Et si on faisait plutôt un Monopoly?

Testé sur PS3. Disponible également sur XBox 360 et PC.

On est déçu, et c’est un euphémisme. Alors que les premiers volets de la licence «Call of Juarez» tenaient tout à fait la comparaison avec d’autres jeux de tir en mode subjectif et avaient l’avantage de cultiver un chronotope - le western - peu arpenté par les éditeurs, la réactualisation qu’effectue le troisième épisode dans le Los Angeles contemporain flirte avec l’indigence.

Parlons scénario (on donnera les bonnes nouvelles en premier). Cité des anges, disons en 2011: les cartels de la drogue mexicains mènent la vie dure aux forces de police, et celles-ci décident de créer une équipe ad hoc chargée de monter ces différents gangs les uns contre les autres pour leur leur laisser faire le travail d’épuration eux-mêmes. Ce trio est formé d’une agente du FBI, d’un membre plutôt véreux de la DEA, et d’un policier de la ville (certes, ce dernier est présenté comme un descendant du personnage principal et pistolero des premiers épisodes de «Call of Juarez»: mais fallait-il pour autant l’affubler en plein XXIe siècle d’un stetson et d’une ceinture à cartouchières?). Vous aurez le choix d’incarner l’un de ces trois personnages (en solo ou en mode coopératif si vous mettez la main sur d’autres compagnons d’infortune) pour ensuite aller démantibuler du gros bonnet de la drogue. Au programme: fusillades, destruction de plantations de marijuana, poursuites en voiture, enquête dans les lieux glauques.

Sur le papier, l’idée d’un jeu à mi chemin du feu libre et de l’enquête des stups est viable. Mais, Dieu que la réalisation de l’objet est bâclée... Au niveau immatériel tout d’abord: car si le pitch est bon, la narration est d’une platitude accablante. Cela est dû de prime abord à un récit d’un dirigisme absolu, sorte de tunnel narratif aux bifurcations absentes. Pour ne rien arranger, les phases de jeu sont extrêmement prévisibles: lorsque vous enquêtez, les éléments d’information tombent à la première pichenette intellectuelle; lorsque vous défourraillez, les ennemis viennent opportunément se présenter en masse dans votre champ de tir en égrenant leur répétitif chapelet d’injures.

Terminons avec la réalisation: proprement indigne de ce que l’on est en droit d’attendre d’un jeu vidéo en 2011. Couleurs baveuses, décrochages, manque de fluidité dans les mouvements, défauts de synchronisation entre les personnages et le décor (il vous arrivera ainsi souvent de voir avec un étonnement agacé vos compagnons faire feu en état de lévitation à 30 centimètres au dessus du sol, et ceci sans aucune lamasserie à l’horizon). On osera le terme «ratage».

Note: 2 sur 5

Age: 18 ans

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