Depuis une semaine, la Suisse compte trois opérateurs mobiles: Swisscom, Diax et Orange. Si cette augmentation de la concurrence est une bonne nouvelle pour le consommateur, elle complique aussi passablement son choix: les prix varient en fonction de l'opérateur, de l'abonnement, des bonus ou de l'heure du jour ou de la nuit à laquelle on appelle le plus… Seule une analyse minutieuse des tarifications permet de comparer les offres et de faire son choix dans cette jungle.

Pour le mobile, Swisscom a longtemps présenté la meilleure option. Sa couverture quasi totale de la population (98%) lui donne encore une longueur d'avance. Diax, son premier concurrent depuis décembre dernier, peut bien parfois offrir des prix plus avantageux, son réseau ne couvre pour l'instant qu'un peu plus de 50% des zones habitées. L'opérateur zurichois promet une desserte de 75% pour la fin de l'été, ce qui reste faible par rapport à la densité des antennes de Swisscom. Les derniers pour cent de couverture sont en effet les plus significatifs: s'il est relativement aisé d'atteindre 50% de la population suisse en plaçant des relais dans quelques grandes villes, passer de 75% à 90% implique des investissements considérables puisqu'il faut alors installer des pylônes jusque dans les villages et les vallées les plus reculées.

Il y a une semaine, Orange a fait son entrée sur le marché, accompagnée d'une campagne publicitaire incontournable – «à très forte dimension émotionnelle», selon son concepteur Dennis Flad de l'agence Euro RSCG – dont le budget s'élève à près de 30 millions de francs sur toute l'année.

Orange a signé un accord de partenariat avec Swisscom pour assurer une couverture de 90% des zones habitées dès son lancement. «C'est un peu moins que Swisscom, mais c'est quasi équivalent, explique Thérèse Wenger, porte-parole d'Orange. Il nous est d'ailleurs impossible de dire quels sont les endroits précis où notre couverture est moins bonne.» Pour des raisons techniques, certaines zones ne sont cependant pas louées à Swisscom, comme la vallée de Joux. Le réseau propre de l'opérateur dessert la moitié de la population, comme l'exige la concession. Pour le reste du territoire, c'est l'infrastructure de Swisscom qui est utilisée, de manière transparente pour l'usager. Inconvénient: la communication est interrompue lors du changement de zone. Par exemple, dans le train entre Yverdon (couvert par Orange) et Neuchâtel (couvert par Swisscom), la liaison sera coupée et l'abonné devra recomposer le numéro ou se faire rappeler.

Autre désavantage, le réseau d'Orange fonctionne uniquement sur la bande de fréquence 1800 MHz, contrairement à ceux de ses concurrents qui exploitent aussi le plus traditionnel GSM-900. L'usager devra donc posséder un appareil bibande (ou «dual-band») pour utiliser le réseau d'Orange. Il en existe aujourd'hui pour moins de 100 francs.

Les trois opérateurs incluent dans les frais d'abonnement les services comme la boîte vocale, les renseignements ou l'envoi de message écrit. Ainsi, outre la couverture, c'est le prix qui constitue l'élément décisif dans le choix d'un opérateur. Pour comparer, Le Temps a imaginé quatre types de consommateurs, tous équipés d'un appareil de dernière génération: Antoine, l'étudiant qui téléphone peu; Brigitte, l'employée de commerce qui appelle surtout en dehors des heures de bureau; Christian, le prof d'auto-école et Didier, le manager. Dans tous les cas de figure, Orange et Diax se sont révélés plus avantageux que Swisscom (voir infographie). Pour plus de clarté, nous n'avons pas tenu compte dans ce comparatif des offres ponctuelles ou des cartes de fidélité. Par exemple, Diax doublait jusqu'à fin août le temps de communication de ses nouveaux abonnés d'avril. Le même opérateur propose des week-ends gratuits jusqu'en janvier 2000 aux clients qui résident dans les régions nouvellement couvertes (actuellement de Montreux à Martigny – ce que Diax appelle le «Bas Valais» – et bientôt le Gros de Vaud).

Pour l'utilisation la plus courante en Suisse, à savoir environ 180 minutes par mois principalement pendant les heures de bureau, le forfait «Orange personnal» permet une économie d'environ 17% par rapport à l'abonnement «Natel Swiss». A noter qu'au-delà de 200 minutes de communication mensuelles, la formule «Orange professionnal» se révèle plus avantageuse. D'une manière générale chez Orange, les tarifs baissent si l'on téléphone beaucoup. En plus de la différence de prix par rapport à Swisscom, tous les abonnements d'Orange donnent accès aux réseaux de plus de 50 pays étrangers – et plus de 100 d'ici à la fin de l'année – tandis que Swisscom demande un supplément de prix pour le Natel International (qui couvre actuellement plus de 90 pays).

Pour les communications depuis un autre pays, les tarifs sont à peu près similaires entre les opérateurs. Quant aux appels depuis la Suisse vers l'étranger, ils sont moins chers chez Diax et Orange.

Pour changer d'opérateur si l'on est abonné Swisscom, il suffit de s'annoncer par écrit ou de passer dans un Swisscom Shop. La résiliation prend effet un mois après réception, avec remboursement de la taxe mensuelle au prorata. Les 40 francs déposés pour l'acquisition de la carte SIM sont malheureusement perdus. En contrepartie, Swisscom laisse à disposition le numéro (079) pendant 2 ans, au cas où l'usager désire le récupérer.

Les frais de mise en service (y compris la carte SIM) s'élèvent aussi à 40 francs chez Orange et Diax. Autre détail: changer d'opérateur implique une modification du numéro et donc, d'informer ses amis et de réimprimer ses cartes de visite…