Plus de 30 opérateurs privés concurrencent Swisscom sur le marché libéralisé de la téléphonie fixe, nationale et internationale. La liste augmente régulièrement, notamment en raison de la taille du marché suisse (le septième au monde en terme de volume d'appels internationaux) qui intéresse beaucoup les groupes étrangers.

Contrairement à la téléphonie mobile, où les opérateurs se partagent un certain nombre de gammes de fréquences, il n'y a pas de limite en matière de réseaux fixes: l'octroi de licences est donc théoriquement infini. «C'est la libéralisation totale, explique Roberto Rivola, porte-parole de l'Office fédéral de la communication (Ofcom), qui décerne les concessions. En gros, n'importe quelle entreprise qui respecte les conditions techniques et la loi sur le travail peut se lancer.» Pour attaquer le marché privé, l'opérateur doit en dernier lieu signer un accord d'interconnexion avec Swisscom afin d'atteindre le domicile des particuliers.

La plupart des opérateurs qui s'attaquent depuis 1998 au monopole de Swisscom visent les entreprises, marché particulièrement rentable, mais une quinzaine proposent aussi leurs offres aux particuliers (lire le comparatif ci-contre). Pour faire connaître leurs services, les opérateurs investissent massivement dans leur communication. On estime que le secteur dépensera plus de 200 millions de francs en publicité cette année.

Dernier arrivé, OneTel vient de lancer sa campagne de presse en juin dernier. Cet opérateur australien creuse petit à petit son trou en Europe. Après avoir attaqué la Grande-Bretagne en août dernier, OneTel s'est installé en France, puis en Suisse, en attendant l'Allemagne. «Nous pensons qu'il est judicieux de ne pas partir trop tôt dans un marché libéralisé pour que la clientèle soit déjà habituée à comparer les prix avec la concurrence, explique Faye Tutuncu, directrice de la filiale suisse de OneTel. En matière de télécoms, la Suisse ressemble à l'Australie: la population n'est pas très importante, mais les gens parlent très longtemps au téléphone.»

L'opérateur australien vise avant tout la clientèle privée – «la maintenance est moins coûteuse» – et suit toujours la même stratégie: «Nous proposons les tarifs les plus agressifs du marché et nous les ajustons constamment à la baisse en fonction de la concurrence, poursuit la directrice. En Grande-Bretagne, cette technique nous a permis de séduire plus de 180 000 clients en quelques mois.» Côté marketing, OneTel entend rentabiliser au maximum ses investissements et utilise une subtile technique: «Dans chaque journal, nos annonces indiquent un autre numéro de téléphone pour s'abonner, explique Faye Tutuncu. Ensuite, nous regardons quels sont les médias qui nous apportent le plus de clients et nous éliminons les autres.»

OneTel emploie actuellement 24 personnes à Zurich. L'effectif atteindra 60 employés d'ici à la fin de l'année.