En Suisse comme ailleurs, McDo semble être devenu le symbole d'une mondialisation agressive et expéditive. Cette semaine, en marge des démonstrations anti-OMC, les plus violents des manifestants genevois ont pris pour cible son enseigne rouge et jaune. Plusieurs de ses restaurants ont été endommagés à Cornavin, à Rive et à Plainpalais. Reto Egger, vice-président de McDonald's pour la Suisse, réagit à ces déprédations. Il s'exprime au nom de son entreprise.

Le Temps: Quelles mesures avez-vous prises après ces actes de violence?

Reto Egger: Nous avons immédiatement engagé des vigiles pour protéger nos clients et notre propriété. Ces mesures ont d'ailleurs été mises en place avant les manifestations. Nous savions que nous en serions la cible: un article de la Tribune de Genève, paru mercredi dernier, citait nommément McDonald's. Nous avons donc pris les devants. Notre but n'était pas de nous substituer à la police, mais d'assurer la sécurité de nos restaurants.

– Comment analysez-vous ce qui s'est passé?

– Nous respectons le droit des personnes à s'exprimer, mais nous condamnons fermement la violence. Nous avons d'ailleurs déposé plainte contre X. J'imagine que dans l'esprit de ces manifestants, McDonald's doit symboliser la mondialisation et la globalisation commerciale.

– Cela vous surprend-il?

– Il ne faut pas oublier notre conscience environnementale et notre intégration locale. Nous créons des centaines d'emplois en Suisse, et la plupart de nos matières premières viennent de Suisse.

– Mais votre image n'est-elle pas triomphalement globalisée?

– Si nos produits sont partout semblables, c'est pour que nos clients aient l'assurance d'une nourriture de première qualité et d'un accueil agréable, où qu'ils aillent.

– Apparemment, les manifestants perçoivent votre entreprise différemment. Tiendrez-vous compte de leurs réactions?

– Il est possible qu'on en tienne compte dans nos prochaines campagnes de communication. Ce qui est sûr, c'est que nous ne resterons pas insensibles à ce qu'il s'est passé la semaine dernière.

Propos recueillis par Pierre Grosjean