Les Brésiliens ne font pas les choses à moitié, même les pannes électriques. Mercredi dernier, la moitié sud du pays s’est retrouvée dans le noir en raison de l’effondrement subit d’un réseau électrique. Des dizaines de millions de personnes ont été touchées par la panne. Y compris les usagers des transports en commun de Sao Paulo, qui attendent ici patiemment leur bus dans une obscurité presque totale.

Il existe un célèbre reportage réalisé pendant une panne massive d’électricité. Dans la soirée du 9 novembre 1965, le photographe suisse René Burri avait réalisé une remarquable série d’images à New York, alors paralysé par une rupture de réseau. Ces photos crépusculaires ont été remontrées l’été dernier aux Rencontres de la photo d’Arles. L’exposition, plongée comme de juste dans le noir, se visitait à la lampe de poche.

Cette image obscure de Sao Paulo dit aussi combien il est (un peu) plus facile aujourd’hui de prendre des photos dans de mauvaises conditions de lumière. Les progrès des capteurs numériques, l’augmentation de la sensibilité, les performances des dispositifs de stabilisation de l’image ou de détection des mouvements rendent les appareilsde plus en plus nyctalopes. Plusieurs marques, dont Sony, communiquent d’ailleurs cet automne sur la capacité de leurs nouveautés photo et vidéo à travailler dans de très faibles luminosités.