Metro: Last Light

La place rouge était vide

Testé sur XBox 360. Disponible également sur sur PC, PS3, Wii U.

La licence «Metro» prend comme source d’inspiration les romans de Dmitri Gloukhovski, jeune écrivain moscovite né en 1979. Cela semble une bonne chose: partir du littéraire pour parvenir au (vidéo-)ludique semble - à moins que ceci se résume à une intuition datée - devoir assurer la qualité d’une histoire, de sa narration, et la cohésion du monde fictif dans lequel elles se développent.

Le postulat est en tous les cas amplement vérifié en ce qui concerne «Metro: Last Light», suite de «Metro 2033», sorti en 2010. Rappelons le contexte: nous sommes à Moscou - chose rare en soi dans l’univers très américanisé du jeu vidéo -, une vingtaine d’années après l’apocalypse nucléaire qui amena les survivants à s’enfermer dans le métro de la capitale russe. Dans ces tunnels mal éclairés, plusieurs factions se sont développées: les commerçants de la Hanse, les rangers, des nostalgiques de l’URSS ou, à l’autre bout du spectre, du IIIe Reich. A la surface, l’air vicié par la radioactivité laisse apparaître des créatures étranges - les «Sombres» - dont on peine à dégager la nature.

On ne déflorera pas davantage l’intrigue qui nous est ici donnée. On se contentera de dire qu’elle est extrêmement bien ficelée, riche en rebondissements, fertile en ambiances de fin du monde, et que le personnage que vous incarnez, Artyom, est au bénéfice d’une appréciable complexité psychologique: autant d’éléments suffisamment peu courants dans le domaine du jeu de tir pour emporter l’adhésion.

Ajoutons à cela que le rendu et la jouabilité de «Metro: Last Light» sont plus que suffisants. A la croisée du FPS, de l’infiltration et du jeu de rôles, la trame joue avec brio des spécificités de chacun de ces types de jeu. Le graphisme est très soigné, tant dans le domaine souterrain que dans les vues épiques de la Moscou de surface, dévastée et irradiée. On déplorera toutefois une IA pas futée pour un sou, et quelques énervants problèmes de mixage sonore, les voix - en tout cas dans la version française - ayant tendance à être un peu trop souvent couvertes par les bruits d’ambiance.

Note: 4/5

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