Dans un vieil entrepôt aménagé de la TSR, un mince couloir borde deux petits bureaux avant de déboucher sur un studio clair. C'est ici qu'est tourné le nouveau concept destiné à dynamiser les après-midis de la première chaîne romande.

Trois coins différents occupent l'espace. Au fond, face au mur, trônent une mini-régie et un banc de montage. A côté, le décor principal: deux canapés blancs, une table basse de bois clair, quelques cactus en plastique et une bibliothèque sur laquelle sont disposées des lampes en papier. En face, un espace cuisine pareillement décoré. Trois petites caméras entourent les deux présenteurs, Alexandra Antonic et Antoine Goecking, et leurs invités-chrnoniqueurs.

Une vingtaine au total se succèdent ainsi au fil de la semaine, autour de thèmes aussi divers et variés que la cuisine (on reconnaîtra ainsi le chroniqueur gastronomique du Temps, Maxime Pietri), le shopping, les enfants, les seniors, la vie des stars, etc. Loft dont tous les éléments ou presque sortent du dernier catalogue Ikea, le plateau est ainsi à l'image de la structure de production d'Entrez sans sonner: «Légèreté des moyens, polyvalence, originalité et collaboration avec de jeunes stagiaires», comme le note le dossier de presse.

En effet, contrairement aux émissions de ce calibre, dans les coulisses et sur le plateau, pas de maquilleur ni de coiffeur et une équipe de tournage extrêmement réduite. C'est que l'émission a hérité des structures de L'Autre Télé, le quart d'heure hebdomadaire que produisait le lundi soir Daniel Pache sur TSR2. Le Département Découvertes a donc repris la formule, éminemment économique, pour produire les 2 heures 30 d'émission hebdomadaire d'Entrez sans sonner.

Ainsi, le gros de l'équipe est constitué de sept stagiaires, chômeurs sélectionnés par l'ORP et la TSR pour suivre un atelier d'un mois d'initiation à la caméra, suivi de 6 mois de travail au sein de l'émission où ils réalisent les reportages et tiennent les caméras de plateau. Leurs salaires sont pris en charge à 80% par l'ORP, le solde étant assuré par la TSR. L'équipe est doublée par six collaborateurs fixes, assurant la continuité entre les volées de stagiaires successives, soit trois monteurs et trois reporters, anciens de L'Autre Télé. Chaque chroniqueur est payé entre 300 et 400 francs par chronique. Daniel Pache se défend de faire de la télé bon marché: «Personne n'a critiqué L'Autre Télé sur ce point, la remarque ne vaut donc pas ici non plus. Avec 2 heures 30 d'émission au lieu d'un quart d'heure, les stagiaires apprennent plus. Cette formule a permis de nombreux engagements.»