Fréquence des incidents.

Pour les spécialistes, les ruptures des câbles sous-marins sont presque banales: «Chaque année, il y en a une centaine sur l'ensemble de la planète», affirmait ainsi en novembre dernier Alain Suard, président de France Télécom Marine, filiale spécialisée dans la pose de câbles, à la suite de la coupure du plus long câble sous-marin du monde au large de Singapour cette fois. Une fréquence qui risque d'augmenter, puisque selon Alain Suard, on compte aujourd'hui entre «800 000 à 1 000 000 de kilomètres de câbles sous-marins en fibre optique dans le monde entier. 150 000 à 200 000 kilomètres supplémentaires sont posés chaque année», quelquefois jusqu'à 8000 mètres de profondeur.

Origine des ruptures

D'un diamètre inférieur à 2 centimètres, protégés par des fils d'acier en simple ou en double armure lorsqu'ils sont sur les plateaux continentaux, les câbles sont à la merci de nombreux incidents. Notamment, les chaluts des bateaux de pêche, «qui pénètrent jusqu'à 50 ou 60 centimètres de profondeur, et labourent les sols», explique Georges Krebs, directeur des opérations d'Alcatel Submarine Networks, numéro un mondial du secteur. S'ajoutent ensuite les ancres des navires, jetées de façon inconsidérées, souvent par gros temps, afin de tenir la mer, mais aussi les morsures de requins, des miniséismes ou encore l'exploitation sablière sauvage. Dès que possible, les câbles sont «ensouillés», c'est-à-dire enterrés jusqu'à 5 ou 6 mètres de profondeur, grâce souvent à des robots sous-marins télécommandés.

Comment pallier les pannes et leurs conséquences

«Il existe presque partout plusieurs câbles sous-marins en parallèle», rappelle un porte-parole de France Télécom. En cas de rupture, le trafic peut être rapidement dévié sur ces autres tuyaux. «En dernier recours, nous faisons aussi appel au satellite, comme en Afrique où il n'existe qu'un seul câble sous-marin.» Autre alternative: les câbles-boucles, qui n'ont pas de fin, ni de début. En cas de coupure, le trafic peut se reporter sur l'autre côté de la boucle, même si le trajet est plus long.

Comment réparer les cÂbles

Pour rétablir la connexion, un bateau câblier doit d'abord remonter les deux bouts sectionnés, grâce à un grappin, puis il les réunit sur une bouée, répare le répétiteur, un boîtier qui amplifie le signal et qui est présent tous les 50 kilomètres, puis replonge le câble.

Les géants du marché

Le secteur des câbles sous-marins est dominé par Alcatel (40% du réseau, 230 000 km.), suivi de MCI Wolrdcom, Global Crossing et France Télécom Marine. Afin de rester leader de la transmission de données, ces entreprises comme les géants de la téléphonie optent, dès qu'ils en ont les moyens, à la fois pour les câbles et son alternative, le satellite. Les budgets explosent.