Le Temps: Que reproche Edipresse à Daniel Pillard pour le renvoyer?

Kaspar von Hammerstein: Le climat interne de la rédaction du Matin était devenu très mauvais. Nous avons analysé la situation, parlé à beaucoup de personnes et constaté que la nouvelle formule était généralement bien acceptée; les tensions étaient plutôt interpersonnelles. Daniel Pillard a commis des maladresses, mais il n'est certainement pas le seul fautif. Nous portons une partie de cet échec. Nous nous séparons de lui avec beaucoup de regret et espérons que nous ne nous quittons pas en ennemis.

– Le passage à une nouvelle présentation au demi-format est reporté. A quand?

– Difficile à dire pour l'instant. Théo Bouchat va reprendre la rédaction en chef du Matin par intérim et vérifier dans les prochaines semaines l'état de mise en œuvre de la maquette. En fonction de cela, nous bâtirons un nouveau plan. Nous ne souhaitons pas reporter ce démarrage trop longtemps, mais il nécessite un climat serein, de la motivation.

– Faut-il comprendre la désignation de Théo Bouchat comme un signal que les partisans de l'immobilisme au sein de la rédaction n'ont pas gagné en obtenant le départ de Daniel Pillard?

– Très clairement. Pierre Lamunière (patron d'Edipresse, ndlr) est venu lui-même rappeler que c'était sa volonté d'éditeur et de propriétaire d'aller de l'avant avec la nouvelle formule. Le rôle de Théo Bouchat à ce poste sera limité dans le temps, mais nous pensons avoir de meilleures chances de réussir le passage avec lui.

– Cela dit, Le Matin a déjà usé pas mal de chefs, trois d'entre eux au moins sont partis contre leur volonté ces dernières années. Est-ce une rédaction impossible à diriger?

– Je ne peux pas vous répondre. Ce qui est sûr, c'est qu'il aurait été illusoire de chercher quelqu'un dans l'état où se trouve le bateau actuellement. Théo Bouchat aura pour tâche de proposer un successeur, ce qui sera plus facile quand le climat sera redevenu meilleur.