Le Blick et le SonntagsBlick ont accru en 1998 leur tirage pour la première fois depuis 1994 annonçait fièrement Ringier mercredi lors de la présentation du bilan de ses activités 1998. Mais que l'on ne s'y trompe pas: dans l'espace germanophone, la presse de boulevard est depuis plusieurs années en recul, au point que certains analystes donnent peu cher de son avenir. Le Blick, le plus grand tirage du groupe (après le SonntagsBlick) ne fait pas exception, même si les chiffres présentés mercredi à la presse par l'éditeur Michael Ringier témoignent d'une embellie (voir le tableau ci-contre), qui risque d'être de très courte durée puisqu'après s'être redressé durant six mois, le Blick rechute depuis novembre 1998. Selon une source bien informée, le tirage n'était guère brillant en février dernier, ce qui a provoqué un changement de rédacteur en chef. Le gain 1998 de 1602 lecteurs a été maquillé à la baisse pour anticiper les pertes de 1999 et éviter une fluctuation trop grande. La mesure est tolérée par la Remp, l'organe chargé du contrôle des tirages en Suisse.

Le domaine des magazines a progressé encore plus fortement. Une fois de plus, la Schweizer Illustrierte est arrivée en tête en accroissant son tirage de 10.000 exemplaires à 248.248. En ce qui concerne les magazines romands, L'Illustré a vu son tirage progresser de quelque 3.000 exemplaires à 93.703. L'Hebdo a quant à lui stagné, tirant à 56.973 exemplaires. Selon Michael Ringier, Edelweiss en Suisse romande, mais aussi GesundheitSprechstunde outre-Sarine ou Caffe au Tessin, tous trois lancés l'année dernière, connaissent un franc succès.

De manière générale, le plus grand empire médiatique de Suisse a connu une bonne année 1998. Son chiffre d'affaires a augmenté de 8,6% à 895,2 millions de francs. Enfin, le bénéfice s'est accru de 36,4% à 28,1 millions de francs. Ce qui entraîne un accroissement du rendement du chiffre d'affaires qui passe de 2,5% (1997) à 3,1% (1998). Compte tenu de la concurrence toujours plus vive, Michael Ringier se montre satisfait.

Outre le secteur de l'impression, le groupe zurichois entend se positionner comme fournisseur de prestations . Dans le secteur télévisuel (9, 2 millions de francs de chiffre d'affaires, +2,2 millions par rapport à 1997), il s'agit de produire des émissions pour le compte de SF DRS, Sat1 et/ou TV3. De même, Ringier entend exploiter Internet de façon beaucoup plus systématique. Après avoir participé à la création de SMD Schweiz Mediadatenbank (archivage de journaux), le groupe veut poursuivre dans le domaine de l'image avec Emma , une banque de données de 10 millions de photos.