Couleurs, papier glacé, soin évident mis dans la conception de la maquette, Ytem, le nouveau mensuel vendu dans l'est de la France, joue la carte de la qualité. Analyses politiques, cahier éco, articles culturels et portraits, le contenu se veut éclectique et tourné vers un public jeune.

Le magazine est pour l'instant diffusé en Lorraine, Alsace, Franche-Comté, Bourgogne, Champagne-Ardenne, et bientôt dans le nord de Rhône-Alpes. Ses concepteurs espèrent par la suite investir les kiosques des cantons suisses francophones, ceux du Luxembourg, de la Belgique et des Länders allemands frontaliers. «Pour faire péter les frontières», explique le rédacteur en chef.

Joël Mékhantar, 40 ans, est maître de conférences à la fac de droit de l'Université de Bourgogne. Il dit s'être mêlé un peu par hasard, sur l'invite de quelques étudiants, à ce projet de magazine. Une équipe informelle a travaillé pendant environ une année, avant de se constituer en société et lancer Ytem. «Nous sommes indépendants de tout parti politique, même si nous nous situons plutôt à gauche. Une chose est sûre: nous sommes républicains. Donc nous nous positionnons clairement face à l'extrême droite.» Reste à financer le magazine qui, pour l'instant, fonctionne sans publicité. Joël Mékhantar explique que chaque membre de l'équipe a cassé sa tirelire et que six cents abonnements ont déjà été vendus sur la base d'un numéro zéro. «Bien sûr, nous ne refusons pas la pub. Mais nous tenons à rester indépendants», martèle-t-il. Ce qui ne semble pas forcément compatible avec le projet d'effectuer des publi-reportages dans les villes de la région.

Joël Mékhantar souhaite développer des échanges avec les journaux francophones suisses, et les inclure dans sa revue de presse, rubrique importante située dans les premières pages d'Ytem.