A priori, la recette est toute trouvée. Pour rémunérer correctement les artistes actifs dans le domaine musical, les modèles de Spotify et d’iTunes sont idéaux.

D’un côté, Spotify et son système d’écoute à la demande en streaming (flux continu) et via la location de morceaux.

Et de l’autre, iTunes d’Apple, plateforme qui a permis de vendre plus de 15 milliards de titres. Des modèles solides, a priori convaincants, d’autant que selon BusinessInsider, Spotify serait désormais la deuxième source de revenus pour les labels musicaux… derrière iTunes.

Mais il y a l’envers du décor. Il y a quelques jours, la compositrice et violoncelliste Zoë Keating a rendu public son «décompte Spotify», couvrant la période d’octobre 2011 à mars 2012. Résultat: 72 800 chansons écoutées via Spotify par ses fans, pour un revenu de 281,87 dollars – soit trois dixièmes de cent de dollar par chanson écoutée. Pas de quoi refroidir Zoë Keating, qui estime que de toute façon Spotify est plutôt un service de découverte que de vente de musique. Mais par le passé, des groupes tels que Coldplay avaient boycotté Spotify, estimant que le partage des revenus était injuste.

Apple est aussi en accusation. La semaine passée, la RTS montrait que les Suisses payent, via iTunes, leur musique 25% plus cher que les consommateurs européens. Une différence qui ne va a priori pas dans la poche des artistes, mais plutôt dans celle de la firme américaine. Comme quoi, les intermédiaires et les labels sont sans doute encore bien trop gourmands.