Les opposants à l’initiative craignent-ils que le drame américain influence la campagne? Hermann Suter-Lang, le vice-président de ProTell, qui admet avoir des contacts avec des membres de la National Rifle Association (NRA) américaine, se dit «totalement choqué» par la tuerie. Mais le défenseur du principal lobby des armes ajoute qu’un tel drame peut se dérouler «à chaque instant, n’importe où sur terre» et que l’initiative n’y changera rien. Il rappelle que les ressortissants d’Albanie, d’Algérie, du Sri Lanka, du Kosovo, de Croatie, de Macédoine, de Bosnie-Herzégovine, de Serbie et de Turquie n’ont pas le droit de posséder des armes en Suisse. «Et 80% des crimes commis ici avec des armes – illégales – le sont par des gens de ces pays!» assure-t-il, accusant les médias de ne pas en parler.

«Dans un climat très émotionnel, tout drame avec arme à feu provoque forcément des réactions fortes. Cela étant, l’initiative n’offre pas de protection concernant de tels événements», souligne à son tour, la conseillère nationale Martine Brun­schwig Graf (PLR/GE). Elle aussi rappelle que «80% des actes de violence avec arme à feu sont commis avec des armes possédées illégalement». Elle ajoute que la législation suisse «permet et exige de veiller à ce que les personnes fragiles psychiquement ne soient pas en possession d’armes à feu, y compris par des décisions de retrait. J’ai moi-même été amenée à le faire comme responsable des Affaires militaires à Genève.»

Yvette Estermann (UDC/LU) fait aussi partie du comité interpartis contre l’initiative. Pour elle, la population suisse, «qui veut une armée de milice forte, capable de garantir sa sécurité, déplore les incidents tragiques qui se passent à l’étranger, mais ne se laisse pas influencer».