April Oliver, productrice pour CNN de cette enquête sur l'utilisation de gaz sarin au Laos, se dit victime de diffamation. Elle accuse sa hiérarchie d'avoir cédé aux pressions extérieures. Après une contre-enquête interne sur les conditions de réalisation de ce programme, le président du groupe CNN News, Tom Johnson, en présentant ses excuses au public, a admis qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves pour étayer ces accusations et que des «fautes graves» avaient été commises dans «l'utilisation des sources». La rédaction de Time faisait de même de son côté.

Licenciée, la productrice April Oliver réagit dans une lettre adressée au président de CNN America, Rick Kaplan, en reprochant à la chaîne d'avoir reculé trop vite face aux accusations sans laisser le temps aux auteurs de l'enquête de se défendre. «Si nous ne défendons pas nous-mêmes nos investigations, pourquoi nos sources devraient-elles mettre leur vie et leur réputation en première ligne pour les confirmer ou les défendre?» écrit-elle en préambule.

La journaliste prétend aussi qu'elle est diffamée par la presse américaine et par son propre employeur. «Je ne désapprouve pas la diffusion des critiques. C'est même sain et nécessaire au journalisme. Mais je m'élève contre le fait d'avoir été calomniée par ma propre chaîne, d'avoir été présentée comme une journaliste malhonnête, sans possibilité d'y répondre», conclut-elle.

ATS/LT