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Programmé pour durer 1024 semaines, le GPS arrive au bout de son cycle

Le système de positionnement par satellite mis au point par l'armée américaine dans les années 80 repartira de zéro à partir du 22 août prochain. Certains anciens récepteurs risquent d'avoir de la peine à passer ce cap

Dans la nuit de samedi à dimanche prochain, soit le 21 août à minuit, le système de positionnement par satellite (GPS ou Global Positioning System), employé par des centaines de milliers d'utilisateurs à travers le monde, va vivre un moment délicat de son existence. Lancé en janvier 1980, il arrivera en effet au bout de la période de 1024 semaines pour laquelle il a été programmé. Dès le 22 août, démarrera une nouvelle période de 1024 semaines. Si les 24 satellites Navstar qui gravitent autour de la terre et qui sont à la base du GPS ne devraient connaître aucun problème lors de cette transition, un certain nombre d'anciens récepteurs risquent fort soit de donner des informations fausses, soit même de ne plus fonctionner du tout.

Le GPS a été mis au point au début des années 80 par le Département américain de la défense pour obtenir un positionnement précis à tout instant d'objets soit immobiles, soit en mouvement et cela en tout point du globe. Comme le développement de ce système a coûté fort cher, l'armée américaine a décidé d'en commercialiser une version civile, moins performante. Si la précision du GPS militaire est de l'ordre d'un mètre, celle de la version civile est de plus ou moins 50 mètres. Le principe est le suivant: grâce à trois satellites et à l'aide de la triangulation, on peut calculer la position du récepteur au sol; un quatrième satellite sert à synchroniser l'horloge du récepteur avec les horloges atomiques très précises des satellites. On le voit, la mesure du temps est très importante dans le système GPS. Or les horloges des satellites ont une capacité maximale de 1024 semaines.

L'utilisation du GPS est aujourd'hui très répandue dans le monde entier. Si les grandes compagnies aériennes ne l'emploient pas, de nombreux pilotes d'avion de tourisme ou d'hélicoptère y ont recours couramment. Pilote à la base de Lausanne de la REGA, Silvio Refondini le confirme: «Que ce soit à la REGA ou dans d'autres compagnies comme par exemple Heliswiss, sans parler des avions privés, le premier geste des pilotes en montant dans leur appareil est de brancher le GPS. Il nous apporte une quantité d'informations très utiles.» Outre l'aviation, le GPS est aussi très utilisé sur les bateaux, non seulement en mer mais également sur les lacs. De plus, il équipe de plus en plus de voitures, souvent en lien avec un ordinateur de bord. Enfin, de nombreux promeneurs en montagne y ont également recours. On dit même que certains cueilleurs de champignons utilisent le GPS pour retrouver de bons coins repérés précédemment.

De nombreuses marques fabriquent des récepteurs GPS, mais la plus importante d'entre elles est sans conteste l'américaine Garmin, créée en 1989. Importateur suisse des versions maritimes et terrestres des récepteurs Garmin, Pierre Walt de l'entreprise Bucher & Walt à Saint-Blaise, note que tous les modèles commercialisés actuellement ne rencontreront aucun problème dans la nuit du 21 au 22 août prochain. «Par contre, pour un certain nombre d'appareils plus anciens, vendus avant 1996, il faudra faire quelque chose.» Pierre Walt explique en effet que les récepteurs gardent en mémoire trente jours de données retransmises par satellite: «Certains anciens modèles, à partir du 22 août, n'arriveront pas à retrouver les données précédentes, puisqu'on sera à la semaine zéro. Au contraire des appareils plus récents qui savent qu'un deuxième cycle de 1024 semaines commence, les plus vieux seront perturbés.»

Selon l'importateur, il faudra alors donner à l'appareil une date fictive après le 22 septembre: «Mais cette opération manuelle devra être renouvelée chaque fois que l'on rallume son GPS durant les trente premiers jours à partir du 22 août.

Pas de problèmes pour la REGA

On peut aussi programmer son récepteur pour vider automatiquement la mémoire et se repositionner par rapport aux satellites. Ce petit programme disponible sur Internet peut être installé facilement mais les utilisateurs peuvent également nous renvoyer l'appareil pour que nous nous en occupions.»

Si les appareils Garmin devraient ainsi toujours fonctionner la semaine prochaine, ce ne sera peut-être pas le cas de tous les modèles des autres marques, en particulier les plus vieux. Les utilisateurs ont donc intérêt à se renseigner auprès de leur revendeur.

Selon Silvio Refondini, le nombre d'appareils non compatibles pour passer cette date du 22 août devrait être assez réduit: «Dans ce domaine, relève le pilote de la REGA, la technologie évolue très vite et les nouveaux appareils offrent de nouvelles fonctionnalités très utiles. Ainsi, le Garmin 100, qui était très répandu et qui devra être adapté, a aujourd'hui souvent été remplacé par le Garmin 95, en particulier dans l'aviation.» Silvio Refondini ajoute que la REGA ne connaîtra aucun problème à partir du 22 août: «Nos équipements à bord de nos appareils sont des plus récents et nous avons vérifié que tous nos récepteurs GPS étaient compatibles pour passer cette date fatidique.»

A noter que le deuxième cycle de 1024 semaines s'achèvera le 6 avril 2019.

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