50 ans

Des projets d'étudiants pour porter haut les couleurs de l'école

Proposé par EPFL L’EPFL favorise un apprentissage pratique à travers des projets interdisciplinaires qui permettent aux étudiants de développer des compétences cruciales pour leur avenir. Et de décrocher de brillants résultats dans des compétitions internationales

L'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne fête cet automne le 50e anniversaire de son accession au statut fédéral. Elle propose une série d'articles sur ses différentes facettes.

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Cet été, les étudiants d’EPFLoop ont à nouveau remporté la troisième place de la spectaculaire Hyperloop Pod Competition, organisée en Californie par Elon Musk, le patron de SpaceX. Un succès qui récompense des mois de travail intense pour les étudiants, encadrés par un professeur de l’EPFL et des conseillers techniques. EPFLoop fait partie d’une série de projets interdisciplinaires qui démontrent les compétences des étudiants dans des domaines aussi variés que le spatial ou la médecine du futur. Une façon pour l’EPFL de préparer les étudiants aux défis de demain en alliant expérimentation, prototypage et interdisciplinarité, afin d’appliquer leur savoir théorique et d’affiner leurs compétences en gestion de projet ainsi que leur capacité à travailler en équipe.

A la une cet été, EPFLoop fait partie de ces projets d’étudiants qui brillent au-delà des frontières de la Suisse. L’équipe de l’EPFL, sélectionnée d’abord parmi des milliers de candidats, a été qualifiée aux côtés de 20 autres équipes internationales pour participer à l’Hyperloop Pod Compétition en juillet. Lancée par l’entrepreneur américain Elon Musk en 2015, la compétition destinée aux étudiants met les équipes au défi d’atteindre la vitesse la plus élevée possible sur 1,2 kilomètre dans un tube sous vide. Au terme d’une semaine de tests, l’équipe de l’EPFL a été une des quatre ayant rempli les conditions pour tester sa capsule dans le tube sous vide. Sa performance de 238 km/h lui a valu la troisième place, juste derrière les étudiants zurichois de Swissloop. Un magnifique résultat qui vient couronner des centaines d’heures de travail pour répondre à un niveau d’exigence très élevé, démontrant ainsi avec brio les compétences techniques des étudiants.

Sur terre et sur mer

A l’EPFL, d’autres étudiants rêvent aussi de vitesse, mais sur circuit: les membres de la Lausanne Racing Team participent cette année pour la première fois à la compétition universitaire Formula Student en construisant une voiture de course monoplace. Ils ont choisi de concourir dans la catégorie électrique, afin de développer des compétences fondamentales à l’industrie automobile de demain. Durant les compétitions, leur véhicule et leur processus de fabrication sont exami-
nés par des professionnels de l’industrie, avant de se mesurer sur circuit. La tenue de route
de la voiture, l’accélération et la consommation d’énergie sont prises en compte.

Quant aux participants à Hydrocontest, c’est sur l’eau qu’ils veulent repousser les frontières de bateaux à la pointe de la technologie. Dans le cadre d’un concours dédié à l’efficacité maritime, les équipes internationales s’affrontent dans deux catégories de bateaux, lourds et légers, pour démontrer leur expertise. L’équipe de l’EPFL bénéficie notamment de l’appui de la Compagnie Générale de Navigation (CGN) pour réaliser des essais sur le lac Léman.

D’autres projets d’étudiants sont moins compétitifs, mais ne tentent pas moins de décrocher la lune. Les étudiants de neuf pays européens ont imaginé un habitat lunaire dans le cadre du projet IGLUNA, piloté par le Swiss Space Center de l’EPFL et soutenu par l’Agence spatiale européenne. Quatre équipes de l’EPFL se sont attelées à la tâche, avec pour objectif de construire un habitat réalisable dans les glaces des pôles lunaires, destiné à accueillir des astronautes envoyés sur le satellite de la Terre pour des missions plus ou moins longues. Les résultats d’une année de travail ont été présentés au public en juin, dans le glacier du Petit Cervin à Zermatt. Chaque projet a dû relever des défis complexes, prenant en compte la production d’oxygène, de nourriture, d’énergie, la fabrication d’outils sur place ou encore le maintien des communications.

Plusieurs projets touchent à la biologie synthétique ou à la médecine du futur à travers des compétions comme iGEM (International Genetically Engineered Machine), lors de laquelle l’équipe de l’EPFL a remporté une médaille d’or en 2018 à Boston, en présence de 350 équipes provenant de hautes écoles et d’universités du monde entier. Les étudiants de l’EPFL ont développé un système de vaccination personnalisé, qui vise à diriger le système immunitaire d'un patient cancéreux contre la tumeur. Cette approche, appelée immunothérapie, est actuellement l'un des principaux domaines de recherche à la Faculté des sciences de la vie de l'EPFL.

Dans le domaine des biocapteurs, une équipe de huit étudiants de l’EPFL a remporté le prix technique de la compétition internationale SensUs, en imaginant un biocapteur portable visant à quantifier la vancomycine dans le sang pour mieux juguler ses effets secondaires. À terme, la technologie pourrait s’appliquer à d’autres antibiotiques. L’EPFL participait à la compétition au côté de 12 universités étrangères. Chaque année, l’objectif de la compétition est de traquer un biomarqueur qui a un impact sur la santé publique, et les projets des étudiants sont jugés par un panel d’experts.

Au cœur de l’humain

Enfin, les étudiants de la compétition «Lab in a tube» cherchent à réaliser un cathéter intelligent équipé de microcapteurs, capables de mesurer le débit et la température du liquide qui le traverse. Les équipes interdisciplinaires sont jugées notamment sur l’optimisation du design et l’intégration des micro capteurs dans un tube d’un millimètre de diamètre.

Voler haut et être précis: c’est le mot d’ordre suivi par l’équipe de l’EPFL Rocket Team, qui participe depuis trois ans à la compétition internationale Spaceport America Cup, avec pour défi de concevoir et lancer une fusée transportant une expérience scientifique et 4 kg de charge utile à une altitude de 3048 mètres. Passionnés par l’aérospatial, les participants issus de différentes facultés ont ainsi l’opportunité de mettre en pratique leurs connaissances respectives en ingénierie. La Spaceport America Cup est la plus grande compétition de fusées étudiantes au monde, et elle se tient chaque année dans le désert du Nouveau-Mexique, aux États-Unis.

S’ils restent au sol, les robots imaginés par les équipes du Robotcontest n’en sont pas moins impressionnants. Organisé par l’EPFL, ce concours permet aux équipes d’étudiants de concevoir, construire et programmer un robot capable de se déplacer de manière autonome pour ramasser des bouteilles en PET vides, avant de les amener dans une zone de recyclage. Le tout en terrain varié et au milieu d’obstacles. Réalisé dans le cadre d’un projet de semestre, ce concours de robotique est une occasion unique d’allier les connaissances des étudiants en électronique, mécanique et programmation, tout en essayant de développer de A à Z le robot le plus agile du campus.

De l’idée au prototype

Moins spectaculaire, mais tout aussi enrichissant, le programme CHIC (China Hardware Innovation Camp), développé à l’EPFL, met les étudiants au défi de passer d’une feuille blanche au prototype fonctionnel d’un objet connecté. Au cœur d’une équipée composée d’étudiants de l’EPFL, de l’ECAL et de l’Université de Lausanne, les participants imaginent des objets comme un biberon connecté ou un capteur permettant de ne pas perdre son enfant dans la foule. Durant l’été, les équipes s’envolent vers le sud de la Chine pour finaliser leur dispositif dans une usine de prototypage. Avec l’espoir, à l’arrivée, de disposer d’un objet avec un intérêt pour le grand public, et pourquoi pas de poursuivre l’aventure à travers la création d’une start-up. L’EPFL soutient d’ailleurs l’esprit d’entrepreneuriat des étudiants avec des cours et un service de conseil, mais également avec un appui financier attribué à des projets innovants.

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