Le Temps: Vous ouvrez un bureau de vente helvétique et non pas un yahoo.ch. Qu'est-ce que cela signifie?

Thomas Hanan: Notre petite structure suisse, composée de deux personnes, est destinée aux annonceurs. Nous voulons leur permettre de placer des publicités sur les différents sites Yahoo! (8 en Europe). En décembre 2000, ce sont plus de 800 000 visiteurs suisses qui se sont rendus sur les versions allemande, française et internationale de Yahoo!. Nous proposons donc aux annonceurs d'afficher leur publicité sur un de nos sites pour les Suisses uniquement.

– Pourquoi ne pas lancer également un yahoo.ch?

– Pour le moment, le marché suisse n'est pas assez grand. C'est d'ailleurs le premier pays où Yahoo! s'implante sans ouvrir de site. Ce qui nous intéresse, c'est que près de 40% de la population est branchée au Net. Et 28% ont déjà acheté sur le Net. Selon nos résultats publicitaires, l'évolution du nombre d'internautes et de leur comportement, nous pourrions ouvrir un yahoo.ch.

– Vous ouvrez une officine commerciale au moment où plusieurs sites e-commerce sont en difficulté et où les espoirs concernant le marché publicitaire en ligne sont largement déçus. N'est-ce pas mal choisi?

– C'est vrai, le marché est décevant. Mais on estime tout de même que les publicitaires européens dépenseront en 2001 plus d'un milliard de dollars sur le Net. Et nous sommes bien armés: Nous pouvons cibler avec précision les internautes qui vont voir la pub, en fonction de la recherche qu'ils font où des parties du site qu'ils visitent. Une pub pour du chocolat peut ne s'afficher que pour ceux qui cherchent quelque chose en rapport avec la nourriture.