Le match fut impressionnant. Mardi soir, le FC Bâle et l'équipe de Liverpool régalaient les amateurs, ou les simples curieux, par une compétition au suspense soutenu. Et pour l'auditeur, l'affrontement a pu constituer une amusante expérience de télécommunications pratiques. L'exercice consiste à regarder le match à la télévision en écoutant le commentaire des journalistes de la RSR. La comparaison avec leurs homologues de la petite lucarne est peut-être instructive, mais c'est surtout la dissociation des deux canaux qui mérite le détour. Le commentaire radio parvient à l'auditeur 21 secondes avant celui de la télévision, tout au moins pendant une bonne partie du match – vers la fin, ce décalage semble se réduire, mais peut-être est-ce l'effet du suspense. Il y a certainement de bonnes raisons techniques à cet état de fait, et durant un match plutôt mou, cette situation ne se remarquerait même pas. Mais si les jeux sont aussi tendus et rapides que ceux de Bâle et des «Red Lions», le son de la radio annonce toujours la passe décisive ou le tir définitif que la TV montre peu après. Les deux sensations se font face, l'audition précédant la vue, le moi-auditeur prévenant le moi-téléspectateur de ce qui va se passer. Un match vraiment planant.