Jean-Michel Duriez

parfumeur de la maison Rochas

«On a souhaité chez Rochas que la première Cascade, Eclat d’Agrumes, soit celle de la bonne humeur, de l’énergie. Instinctivement, j’ai pensé à un accord de mandarine et de poivre. Le poivre pour le côté piquant de l’énergie, et la mandarine pour sa chaleur. Peu de temps auparavant, j’étais tombé sur un extrait de mandarine que je trouvais très intéressant, plus vert, plus pétillant et gai que les extraits classiques. J’ai élaboré une sorte de «chaud-froid» pour casser cet effet de fraîcheur en introduisant le poivre du Sichuan. Mon défi était de faire en sorte que le poivre vienne, comme en alimentation, faire pétiller un peu plus l’accord sans peser par sa chaleur. J’ai choisi le poivre du Sichuan parce que c’est un faux poivre. Il ne fait pas partie de la famille du poivre noir, par exemple, qui est celle des pipéracées. Son arbre appartient à la famille des hespéridés, comme les agrumes. Finalement, je ne faisais qu’assembler des ingrédients qui s’accordaient naturellement pour créer de l’émotion.»

Pierre Négrin

au sujet de la création de Joie-Eclat

«Il s’agissait pour moi de m’inspirer des bulles d’une coupe de champagne frappée, qui semblent se renouveler à l’infini. On boit du champagne pour célébrer un événement ou tout simplement un moment festif, tout cela est donc très cohérent. Il fallait trouver une structure olfactive qui permette de faire durer le plus longtemps possible la fraîcheur des hespéridés que l’on sent en tête. J’ai choisi le vétiver, un bois qui a une tonalité de pamplemousse. Il m’a permis de répondre à cette entrée juteuse et pétillante. J’ai aussi ajouté des fleurs blanches pour donner du moelleux et de la féminité à la ­composition.»

Vincent Micotti

créateur du Parfum de Jeanne

«Jeanne est une référence au Dr Jeanne Fürst, qui présente une émission à la télévision nationale suisse alémanique, intitulée Gesundheit Heute (Santé aujourd’hui, ndlr). Le fil conducteur fut de trouver une parade au blues de novembre, et donc d’utiliser des matières à connotation positive telles que la mandarine, la bergamote, la fève tonka mais sans pour autant composer une eau de Cologne ou de petite Cologne», nous explique Vincent Micotti. Au-delà du sentir bon, se sentir bien.

Marie-Aude Bluche créatrice parfums chez Valeur Absolue

La maison Valeur Absolue puise, elle, dans les racines de la parfumerie du XVIIe siècle l’envie de créer des parfums-soins en les enrichissant d’ingrédients naturels aux vertus bienfaisantes, d’huiles essentielles, de minéraux et d’un extrait naturel d’immortelle, libérateur de b-endorphines.

«Nous voulions inventer un nouveau territoire, explique Marie-Aude ­Bluche, créatrice parfums chez Valeur Absolue et directrice Développement Parfums chez Firmenich. Nous souhaitions créer une rupture en proposant des parfums créateurs de sourires…»

Rendre joyeux, n’est-ce pas là finalement le rôle de tout parfumeur?

«Je dis souvent que le parfum est une émotion fluide qui nous fait vibrer, conclut Jean-Michel Duriez. C’est la phrase qui résume le mieux ce que je fais au quotidien avec ce double sens sur la fluidité. Je procure des émotions invisibles, mais qui s’immiscent en nous. On les respire. J’aime beaucoup quand les gens disent «respirer un parfum». En réalité, on sent un parfum alors que respirer, c’est une fonction vitale qui consiste à absorber l’oxygène et certains gaz pour les faire entrer en nous, nous en abreuver. Nous en avons besoin pour vivre. Respirer un parfum voudrait dire qu’il exhale tellement de vie que l’on a l’impression en le respirant qu’on s’en imprègne totalement. Respirer un parfum, pour moi, est la plus belle expression qui soit. Le parfum, c’est de l’émotion et de la vie.»