Dead space 3

Résurrection par les virus

Testé sur PS3. Disponible également sur XBox 360 et PC.

Le «survival horror» est un genre à la codification très stricte: le personnage que vous y incarnez doit, comme son nom l’indique, survivre - de préférence en les tuant - à ses assaillants, ceux-ci ayant une forte tendance à emprunter leur nature et leur univers aux codes du film d’horreur - zombies, démons, etc... On a donc dans le «survival horror» quelque chose comme un infra-ordre du «first person shooter» (FPS): les narrations sont similaires - il s’agit toujours d’avancer et de tirer -, mais l’univers «survival» se présente de manière généralement plus noire et - s’il s’agit de parler d’esthétique -, franchement gore. Surtout: l’art de cette niche se caractérise par sa capacité à faire sursauter: le «survival horror» est le domaine des monstres qui surgissent du noir en hurlant.

La série phare de cette classe de jeux reste bien entendu «Resident Evil». Mais la licence «Dead Space» lui mord sérieusement les jarrets. Déjà, peut-être, parce que son univers jouit d’une certaine solidité. Pour faire court, on dira que «Dead Space» narre la lutte que doit mener, au XXVe siècle de notre ère, l’humanité en manque de ressources énergétiques contre les Nécromorphes, des «virus» bêtement réveillés sur une lointaine planète - Aegis VII -, bestioles qui ont la fâcheuse compétence de réanimer et de faire muter les cadavres. Ceux-ci, du coup, sont d’une humeur massacrante, au sens propre du terme. Vous y incarnez un personnage récurrent, Isaac Clarke (contraction d’Isaac Asimov et d’Arthur C. Clarke), desperado moitié ingénieur moitié soldat, et bien entendu chargé d’éviter l’extinction complète de la race humaine.

Partant de ce contexte, «Dead Space» parvient à faire un jeu tout à fait prenant, même s’il ne présente rien de révolutionnaire. On notera un écueil au niveau de la fluidité des déplacements, qui rend quelques fois l’expérience un peu pataude. Mais dans son ensemble, celle-ci s’avère plaisante: les zones de progression, en intérieur ou à l’air libre, sont variées, le système de confection d’armes donnera beaucoup de plaisir aux armuriers en herbe et le bestiaires de zombies - l’influence de «The Thing» de John Carpenter est ici indéniable - est relativement inventif. Ce n’est pas tous les jours qu’on a le plaisir de se faire attaquer par un tronc humain qui fait valser ses trois colonnes vertébrales comme autant de fouets.

Note: 4 sur 5

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