Ce sont de petits artifices de scénario et de gameplay, mais ils apportent beaucoup de sel à l’expérience. Résumons: «Driver: San Francisco» est, comme son titre l’indique benoîtement, un jeu de course automobiles prenant pour cadre la cité californienne reproduite dans ses moindres détails (le produit est livré par Ubisoft, on pouvait donc s’attendre à de belles choses). Vous incarnez un certain John Tanner, un policier plutôt bon pote que matraqueur, qui a maille à partir avec un malandrin du nom de Charles Jericho. En entame de jeu, celui-là est à la poursuite, mode tombeau ouvert, de celui-ci, qui vient de se faire la belle. Manque de chance, Tanner finit dans le décor, puis dans une chambre d’hôpital, assomm é par un coma qui ne lui laisse que la possibilité de rêver. Et à quoi rêve Tanner? A des poursuites en voiture dans San Francisco.

Ce parti pris onirique somme toute simple permet dès lors de libérer des tactiques de jeu qui seraient bannies dans un univers réaliste. On veut surtout parler ici d’une technique que les concepteurs de «Driver» ont baptisé «shift»: en «shiftant» dans son rêve, Tanner peut quitter son corps pour s’incarner dans celui d’un autre automobiliste du voisinage. En termes de gameplay, on voit tout de suite l’avantage: lorsque vous êtes engagés dans une poursuite, vous pouvez vous amuser, dans une forme de métempsychose bituminée, à sauter de voiture en voiture pour vous rapprocher plus rapidement de votre cible. C’est un peu bête, mais surtout très ludique.

En marge de ces artifices, «Driver» s’avère un jeu de conduite tout à fait agréable, pas dénué d’humour, et extrêmement bien réalisé. La prise en mains est immédiate (on est ici dans une optique arcade, les fans de simulation pure et dure passeront leur chemin), les sensations de vitesse et d’espace sont bien rendues, les missions plutôt diversifiées (course, contre-la-montre, poursuites, cascades, etc...). On ne demandera pas grand chose de plus...

Note: 4 sur 5

Déconseillé aux moins de 12 ans