19,99 euros pour un forfait mobile illimité, soit 24,20 francs. Le lancement, en janvier dernier, de cette offre par l’opérateur français Free avait fait saliver les Suisses. Et même si les trois opérateurs helvétiques ont fait des efforts depuis, un forfait comparable se négocie, de ce côté-ci de la frontière, encore 80 à 100 francs.

Voilà pour l’envie. La semaine passée, il y eut l’effroi. Les propositions d’Arnaud Montebourg, nouveau ministre dit du Redressement productif, ont fait froid dans le dos. Pour amadouer des opérateurs concurrencés par Free, le ministre a suggéré de surtaxer leurs hotlines pour tenter ensuite de rapatrier en France 10 000 emplois consacrés à l’assistance technique. Un recul surréaliste par rapport à une loi de 2008, et surtout une mesure qui pénaliserait le consommateur sans aucune garantie que les opérateurs rapatrient le moindre emploi depuis le Maghreb.

Les Suisses ont une facture mensuelle plus élevée, mais ils peuvent au moins appeler gratuitement Swisscom en cas de question. Mais ne rions tout de même pas trop de nos chers voisins français. Car les opérateurs helvétiques tentent parfois eux aussi d’arrondir leur facture vers le haut. On avait vu Sunrise augmenter le prix des SMS. La semaine passée, Orange a annoncé que dès septembre – dans un louable effort d’écologie – il allait facturer 2 francs (pièce) les factures envoyées par courrier – et 5 francs pour les factures détaillées. De ce côté-ci de la frontière, il n’y a décidément pas de petit profit pour les opérateurs télécoms…