Un exploit qui fera date, selon la Tribune de Genève; la folle aventure nigériane des espoirs du football suisse, pour Swissmedia. La presse helvétique ne tarit pas d’éloges sur les «Rougets» qui font rêver les fans du ballon rond en accédant à la finale des M17. Leurs bobines sont partout. Fraîcheur de leurs visages, loin des scandales du sport professionnel plus établi, avec un vrai travail d’équipe. La presse africaine n’est pas en reste: la Suisse est la «grande révélation de la compétition» selon le site Afriscoop. «Les Suisses ont fait paraître banal le jeu des Colombiens», selon le site 234.com, qui insiste: «Dans les tribunes, les actions des Colombiens étaient sifflées, dans une atmosphère secouée par des vuvuzelas en folie» (la vuvuzela étant cette trompe d’un mètre de long, très sonore, qui fait partie de l’arsenal obligatoire des supporteurs de football africains, et qu’on verra donc beaucoup l’an prochain en Afrique du Sud).

Mental bien peu suisse

Durant tout le tournoi, les Suisses ont vraiment séduit les Nigérians, à en croire ces témoignages diffusés par la RSR, qui peut compter sur un journaliste sur place: «Ils sont cool, ce sont de beaux gars… J’aime leur humilité leur gentillesse, les Suisses sont un peu comme les Nigérians dans leur caractère… C’est pour ça qu’on les aime, ils savent respecter les autres et c’est pour ça qu’on leur donne tout notre amour.» N’en jetez plus!

La RSR s’inquiète que plusieurs de ces joueurs soient tentés un jour de défendre d’autres couleurs que celles de la Suisse. Pas moins de 13 joueurs de la sélection sont en effet binationaux. Pour sa part, le Tages-Anzeiger voit dans la mixité culturelle de la sélection helvétique une clef de son succès. L’éditorialiste conclut carrément que «la multiculturalité est un moteur pour la Suisse».

Sur place à Lagos, le journaliste Silvano Speranza constate, dans la NZZ, que les «Rougets» sont «déterminés à cueillir le tout grand succès, forts d’un mental bien peu suisse (unschweizerich)».