Les bons animateurs ne courent pas les ondes et la RSR a décidé de prendre le problème en main. «Nous sommes en train de définir ce métier et de mettre au point une formation de douze à dix-huit mois, la plus aboutie possible. Après, c'est le talent de chacun qui s'exprime…» explique Isabelle Binggeli, directrice des programmes. Dans le cadre de cette politique de préparation à la relève, une nouvelle émission intitulée Banc d'essai verra le jour cet été sur La Première, et jusqu'en décembre. Diffusion: le lundi soir entre 21 et 22 heures, à partir du 3 juillet.

Et si vous aviez le micro?

Dès ce matin, l'attention des auditeurs de La Première, d'Espace 2, de Couleur 3 et d'Option Musique sera sollicitée par le spot suivant: «Vous écoutez la radio? Vous êtes souvent séduit, intéressé, parfois critique… Et si vous aviez le micro, qu'en feriez-vous?» La suite invite l'auditeur concerné à proposer sa candidature jusqu'au 30 avril, sous la forme d'une cassette de sa voix, d'un CV classique et d'un texte écrit en guise d'autoportrait, même un peu fictif.

La vingtaine de candidats appelés à réaliser et à présenter leur propre émission d'un soir seront coachés par une marraine animatrice – tour à tour Martine Galland, Michèle Durand-Vallade et Claudine Habran –, un réalisateur qui contribuera à la mise en forme du matériel et une personnalité radio qui réagira à chaud. «On se réjouit, raconte Martine Galland. Nous allons tous partager une expérience. Dans un premier temps, l'animatrice sera à l'antenne, puis sortira, laissant le candidat seul au micro pour présenter son sujet. Nous reviendrons pour un bilan final avec la personnalité de la radio.»

Et que deviendront les animateurs d'un soir? «Deux d'entre eux, au moins, devraient être retenus pour entreprendre une vraie formation chez nous. Nous voulons assumer notre rôle au même titre que d'autres entreprises ou institutions offrant des apprentissages», affirme Françoise Christ, cheffe des ressources humaines. Alors pourquoi pas une simple offre d'emploi? «Parce que nous avions envie de faire autrement, déclare Isabelle Binggeli. L'animateur développe une relation particulière avec les auditeurs. Nous devons voir ce qu'il a dans le ventre et l'entretien classique ne suffit pas.»

Affaire d'image

Pour sa part, Michèle Durand-Vallade évoque aussi «une affaire d'image pour la RSR, qui paraît trop souvent fermée sur elle-même. Là, on ouvre un peu les studios à des non-professionnels, on leur offre une sensibilisation au métier et on espère bien susciter des vocations!» Dans sa quête d'une relève, la RSR espère toucher des personnalités aux intérêts divers, c'est pourquoi elle décline ses spots sur les quatre différents programmes. L'originalité, la voix, le regard porté sur le monde, voilà ce qui va compter, sans limite d'âge. Avec à la clé, peut-être, la naissance d'un vrai talent en direct.