«N’importe quelle forme de sélection au faciès s’avère rapidement être moins efficace qu’une sélection d’échantillons au hasard», explique le statisticien américain William Press, professeur à l’Université du Texas (sud).

Ces travaux sont parus mercredi dans la revue Significance publiée par la Société royale britannique de statistiques.

La sélection au faciès «ne marche pas car on finit toujours par examiner les mêmes personnes innocentes pour la simple raison qu’elles appartiennent au groupe ciblé», c’est mathématique, souligne le chercheur. Des études faites précédemment ont montré que tout succès de la sélection basé sur des critères ethniques n’est qu’un leurre, ajoute-t-il.

La plus grande mobilisation des ressources policières sur un groupe donné se traduit effectivement par davantage d’arrestations mais cela se fait au détriment d’autres groupes auxquels la police consacre moins de temps et de moyens, explique l’auteur de cette recherche.

«Il vaut simplement mieux procéder à des échantillonnages au hasard sans sélection au faciès assurant que quiconque se présentant au contrôle d’un aéroport a la même probabilité d’être inspecté de la même manière», note-t-il. «Cette méthode facile à mettre en œuvre est étonnamment efficace, offre une solide assurance contre des préjugés tout en étant dissuasive», insiste le statisticien tout en avançant néanmoins une autre idée qui pourrait être encore meilleure mais difficile sinon impossible à appliquer. «Il s’agit de l’échantillonnage par la racine carrée», dit-il.

Avec cette approche les équipes de sécurité sélectionneraient par exemple des groupes considérés comme potentiellement cent fois plus dangereux selon une gamme de critères divers. Les individus entrant dans ces cadres seraient inspectés au hasard dix fois plus souvent que les autres passagers, ce qui correspond à la racine carrée du nombre mesurant le degré de risque estimé que présente ce groupe.

«Ceci serait statistiquement plus efficace que la sélection uniforme au hasard» ou purement au faciès, juge le scientifique qui concède la difficulté de trouver une bonne façon d’appliquer cette technique statistique mathématiquement incontestable. «On pourrait imaginer un système dans lequel les facteurs de risque présentés par les individus sont évalués et stockés dans un système informatique qui automatiquement appliquerait la règle de la racine carrée pour l’échantillonnage», explique le professeur.

«Quand les passagers passeraient dans un portique de sécurité à l’aéroport l’ordinateur pourrait alors déclencher une lumière rouge signalant que telle personne doit être inspectée ou verte dans le cas contraire», poursuit-il.

Mais vu la dernière controverse provoquée chez les passagers et les équipages des avions par le recours aux scanners corporels dévoilant les moindres détails anatomiques, un tel système provoquerait sans doute un tollé car il s’agit en fait «d’une sélection optimale».