Le Temps: Les émissions «Idée suisse» ont-elles été un succès en Suisse romande?

Guillaume Chenevière: Oui. Prenez Longues Oreilles. Cela a été un grand succès. Quand on parle de la Suisse alémanique, cela intéresse. Nos émissions La Suisse et l'Europe ont aussi bien marché. Pas tellement à cause de l'Europe, mais parce qu'elles se déroulaient l'une à Saint-Gall et l'autre à Bellinzone.

– Vous avez mené des expériences de traduction simultanée, par exemple pour «Arena». Quels enseignements en tirez-vous?

– Avec Arena, on vise un public bien précis, constitué de ceux qui s'intéressent à la politique sans comprendre le suisse allemand: 20 000 à 30 000 personnes suivent cette émission. Son animateur, Filippo Leutenegger, a réussi à créer des oppositions violentes. Ici, nous n'y sommes jamais parvenus. Il y a en Suisse romande, un peu comme au Japon, une sorte de courtoisie politique qui fait qu'on s'affronte avant et après, mais pas pendant les émissions.

– Pour rapprocher les régions, la SSR proposera dès l'automne un soap tourné en suisse-allemand et doublé en français. Est-ce bien sérieux?

– Ce soap connaîtra-t-il le succès dans les autres régions? Ce serait un miracle. A ce jour, seul le film Les faiseurs de Suisses a réussi ce pari. Ce défi intéresse les Alémaniques. Alors allons-y et nous verrons bien. Je ne crois en tout cas pas que ce soit un problème si cette série est tournée en allemand et doublée en français. Les films américains sont aussi doublés.

Propos recueillis par

#B. W.