Déterminée et inébranlable. Simonetta Sommaruga a eu la difficile tâche durant la campagne de combattre, au nom du Conseil fédéral, l’initiative soutenue par son propre parti, le PS. Au moment de commenter les résultats devant la presse, la conseillère fédérale chargée du Département de justice et police (DFJP) a brièvement souligné que l’initiative n’avait «pas obtenu la majorité dans les urnes», pour mettre l’accent sur les mesures déjà prises permettant de limiter les abus. Et surtout sur celles qu’elle compte mettre en route. La ministre devrait soumettre de nouvelles propositions au Conseil fédéral pour durcir la législation sur les armes en avril déjà.

Une meilleure traçabilité

«Je m’engagerai personnellement à renforcer les mesures existantes visant à protéger la population contre la violence des armes», a-t-elle indiqué. La ministre souhaite notamment améliorer la traçabilité des armes grâce à un marquage plus poussé. Et à une meilleure collaboration avec les pays qui ne font pas partie de l’espace Schengen.

«Le Conseil fédéral et les initiants poursuivent un même but: réduire le nombre d’armes en circulation pour freiner le taux d’homicides et de suicides», a-t-elle rappelé. La socialiste a précisé que les contrôles pour en acquérir et en posséder étaient déjà stricts. Elle a aussi rappelé que les munitions n’étaient plus conservées à domicile, que le fusil d’assaut pouvait déjà être déposé à l’arsenal, et que, depuis le 1er janvier 2010, les militaires devaient, s’ils veulent garder leur arme à la fin de leur service, obtenir un permis d’acquisition. «Voilà qui devrait contribuer à réduire le nombre d’armes à la maison», a-t-elle commenté. Le nombre d’armes conservées à l’issue des obligations militaires est tombé de 32 000 en 2004 à 3100 en 2010, a-t-elle relevé.

L’idée d’un registre central demandé par les initiants? Les cantons, qui disposent tous de leur propre registre, ont promis durant la campagne qu’ils allaient mieux collaborer, notamment via une plateforme internet commune. Cela pour éviter par exemple qu’un délinquant fiché dans un canton puisse acquérir une arme dans un autre sans éveiller le moindre soupçon. La conseillère fédérale a été jusqu’à préciser que, si le projet piétinait, elle serait prête à intervenir pour le faire avancer, «dans les limites de mes compétences». Dès mai, les polices cantonales pourront par ailleurs accéder en ligne aux données dont dispose l’Office fédéral de la police, a-t-elle annoncé. Des données qui permettent par exemple de savoir à qui une arme a été refusée ou retirée.

La conseillère fédérale, bien décidée à agir, a aussi dit que policiers et membres de l’armée devaient assumer leur responsabilité pour éviter des drames. Et que chacun peut agir pour freiner les abus. Les initiants exigeaient notamment que des collectes d’armes superflues et inutilisées soient organisées. Là aussi, la ministre s’est montrée très claire. Elle y est favorable. Certains cantons ont mené ce genre d’action avec succès, a-t-elle rappelé. Avant de lancer: «Rendez vos armes!»

Le PS revendique plusieurs mesures parmi lesquelles plus de moyens affectés à la prévention du suicide. Sur ce plan, Simonetta Sommaruga a rappelé que le parlement se prononcerait bientôt sur une loi sur la prévention. Et un volet de cette loi concerne précisément le suicide.