Quand le SMS démasque les infidélités conjugales

En Italie et à Singapour, près de neuf relations extraconjugales sur dix seraient désormais découvertes à cause, ou grâce, à un téléphone mobile. De quoi rendre les amants encore plus prudents

Ce fut d'abord une formidable façon de communiquer, de flirter et de se donner des rendez-vous galants. Mais aujourd'hui, le SMS deviendrait un facteur de séparation au sein de couples, le conjoint infidèle ne prenant garde à masquer les SMS langoureux de sa maîtresse ou de son amant. Plusieurs exemples d'Italie, de Singapour, d'Inde et d'Afrique du Sud apportent aujourd'hui un éclairage nouveau sur les ravages que causent ces messages de 160 signes.

Après un sondage conduit par sa société italienne de détectives, Miriam Tomponzi affirmait récemment que dans 87% des cas d'infidélité mis au jour, ce fut un téléphone mobile qui attira les premiers soupçons du conjoint trompé, voire permis de démontrer de manière formelle le double jeu de son ou sa partenaire. «En Italie, les relations amoureuses via le téléphone mobile atteignent des niveaux incroyables, affirmait Miriam Tomponzi. De nombreuses personnes possèdent deux ou trois portables.» Mais jongler avec plusieurs appareils ne permet pas toujours de cacher sa liaison à son partenaire, l'amant indiscipliné ayant parfois tendance à en laisser traîner un contenant les SMS de sa maîtresse… De fait, la presse people transalpine ne se prive pas de raconter comment footballeurs, acteurs et stars du petit écran ont vu leur infidélité démasquée à cause d'un SMS oublié. Et Miriam Tomponzi d'émettre quelques recommandations: effacer immédiatement tout message de son amant – ou alors utiliser un second portable qu'il faut cacher, se préparer à recevoir un appel de son amant devant son conjoint, et surtout ne jamais affirmer qu'il s'agissait d'un faux numéro…

Une enquête du journal indien Mid Day parvenait aux mêmes conclusions, plusieurs responsables de sociétés de détectives affirmant crouler sous les demandes de maris et de femmes soupçonneux. «Un homme suspectait sa femme juste après leur voyage de noces, mais sans preuve, relatait PJ Shenai, de la société IBI. Après qu'il a lu des messages commençant par «Chère Jaan», il nous a demandé d'enquêter. Ils sont maintenant en cours de divorce.» En Malaisie, il est désormais interdit, pour les hommes, de divorcer par l'envoi d'un SMS à leur épouse, les contrevenants s'exposant à une amende de quelque 400 francs.

Gare aux messages transmis au faux destinataire. Fin septembre, un parlementaire sud-africain écrivait «Tu me manques. Nous ne pouvons dormir séparés. Renée, je t'aime plus que je n'ai jamais aimé personne.» Le hic, c'est que le politicien envoya ce SMS à sa femme Anne-Marie plutôt qu'à sa maîtresse, causant le divorce du couple…

A Singapour, un sondage du journal Streats auprès de plusieurs détectives et juristes parvenait à la conclusion que là aussi, neuf liaisons extraconjugales sur dix étaient découvertes grâce à un téléphone mobile. Ce qui n'a pas empêché, il y a une dizaine de jours, le gouvernement de lancer une nouvelle initiative pour faciliter les rencontres, par SMS, entre Singapouriens. Via son Unité de développement social, l'Etat, qui s'inquiète de la faible croissance de sa population, organisera des soirées de rencontres via SMS. Mais entre n'importe qui: «Les femmes seront au moins deux ans plus jeunes que les hommes, et de préférence de profession différente», affirmait l'un des organisateurs à l'agence de presse AP.

Reste que l'envoi de SMS aboutit parfois à des histoires qui finissent bien. Mi-novembre, un couple belge a décidé de s'échanger ses promesses de mariage via SMS. Depuis dix ans, le couple communiquait en grande partie via ces messages, monsieur étant en déplacement en Europe six mois par année. Même la demande en mariage fut envoyée par SMS. «Il fut si surpris que cela lui a pris une demi-heure pour répondre, raconte Ingrid Peeters. Mais il a accepté!»

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