Bradley Manning avait le contact de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, sur son ordinateur, ont témoigné des enquêteurs lundi lors de l’audience devant déterminer si le soldat américain, accusé d’avoir été la «taupe» du site, doit aller en cour martiale.

Mark Johnson, un sous-traitant qui travaille pour l’unité de l’armée américaine chargée d’enquêter sur la criminalité informatique, la Computer Crimes Investigative Unit, a assuré que le jeune soldat américain disposait, sur son ordinateur, des informations lui permettant d’entrer en contact avec Julian Assange. L’accusation a montré une capture d’écran d’un message extrait, selon eux, du disque dur de Bradley Manning. «Vous pouvez contacter notre responsable de la cellule + enquêtes + en Islande -- 354 862 3481 -- 24 heures sur 24. Demandez Julian Assange», indique le message.

Les enquêteurs ont également expliqué avoir mis la main sur des dialogues en ligne entre Manning et un interlocuteur nommé «Julian Assange» durant lesquels il était notamment question de WikiLeaks.

Julian Assange a toujours dit ignorer d’où provenaient les documents confidentiels diffusés par WikiLeaks, mais il affiche son soutien à Bradley Manning.

Le jeune homme de 24 ans est un ancien analyste du renseignement en Irak. Il est accusé d’avoir transmis à WikiLeaks, entre novembre 2009 et mai 2010, des documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan, ainsi que 260.000 dépêches diplomatiques du département d’Etat.

L’audience qui a débuté vendredi sur la base militaire de Fort Meade, près de Washington, ne vise pas a déterminer si le soldat de 24 ans est coupable ou innocent mais s’il doit comparaître devant une cour martiale où il encourt la prison à vie pour «collusion avec l’ennemi».

Coïncidences troublantes

Lundi, les enquêteurs ont dit avoir retrouvé une carte-mémoire dans la maison de la tante de Manning sur laquelle se trouvaient 91.000 rapports militaires sur l’Afghanistan et 400.000 autres sur l’Irak.

Ils n’ont pas dit s’il s’agissait des documents diffusés par WikiLeaks, mais le site internet en a publié un volume similaire.

David Shaver, un agent spécial de la Computer Crimes Investigative Unit, a quant à lui expliqué que les enquêteurs avaient découvert 10.000 dépêches diplomatiques américaines qui n’ont pas été transmises à WikiLeaks car elles se trouvaient dans un dossier compressé qui avait apparemment été endommagé. Interrogé pour savoir si cela expliquait le fait que qu’elles n’avaient pas été diffusées par WikiLeaks, l’expert a répondu que cela paraissait logique.

Le magistrat chargé de l’enquête, le lieutenant-colonel Almanza, recommande que Manning soit traduit en cour martiale, mais il ne devrait pas rendre ses conclusions avant plusieurs semaines après la fin de l’audience.

Comme les jours précédents, des sympathisants du jeune soldat se sont rassemblés devant la base militaire de Fort Meade pour manifester leur soutien.