Sur le papier, la console Nintendo DS ne cède rien à sa rivale à venir, la Sony PSP: dimension et poids comparables et mêmes capacités de jeu en réseau sans fil. Mais en découvrant de visu l'engin de Sony, on comprend immédiatement que les ingénieurs ont misé gros pour ravir des parts de marché à Nintendo. Inutile de tergiverser: les qualités de la PSP la placent très au-dessus de la DS.

Encore éteinte, la console a tout du bel objet. Le plastique noir, le plexiglas fumé couvrant l'entier de la surface supérieure, les discrets boutons et, surtout, l'immense écran tout en largeur révolutionnent le design des consoles portables – volontiers bas de gamme jusque-là. Allumée, la Sony PSP confirme. L'affichage en 16 millions de couleurs est d'une grande luminosité et constitue l'atout principal de la console. Elle est également dotée de deux haut-parleurs d'excellente facture.

Les deux jeux prêtés par Sony pour convaincre les journalistes – la course de voitures Ridge Racer et la simulation de golf Everybody's Golf – remplissent parfaitement leur mission. La qualité des images en trois dimensions se rapproche de celle d'une console de salon. Les animations sont très fluides, et l'impression de vitesse dans Ridge Racer est stupéfiante. Un joystick analogique, placé sous les quatre boutons de direction, permet de doser les déplacements.

La PSP se nourrit de disques nommés UMD, ressemblant à des Mini-Discs. Ils servent à accueillir jeux ou films, grâce à une grande capacité de stockage (1,8 Go). Les connexions USB, Internet sans fil (Wi-Fi) et infrarouge sont des atouts de poids. Le Wi-Fi sert à jouer jusqu'à seize à la même partie. Il permet aussi de télécharger des personnages, voitures ou cartes supplémentaires pour certains jeux. La console sait aussi lire de la musique au format MP3 et afficher des images numériques. Un port Memory Stick est disponible – le même que dans les appareils photo de Sony.

La PSP n'est pas sans défaut. Elle semble fragile – son écran n'est pas protégé comme celui de la Nintendo DS, et les deux boutons placés sur les côtés de la console sont particulièrement exposés –, Logitech vient d'ailleurs d'annoncer la vente d'un étui spécial. Son autonomie est faible – moins de quatre heures selon nos tests. La ludothèque de la PSP n'est pas aussi étendue que celle de la Nintendo DS. Et la PSP sera chère, même si aucun prix définitif n'est encore établi. «Elle coûtera environ 350 francs», avance Brigitte Moor, responsable presse de Sony Suisse. Les jeux? «Entre 70 et 80 francs.» Les films? «Aucune information pour l'instant» – mais on les trouve en japonais pour près de 50 francs sur Internet. La Sony PSP sera disponible en Suisse en avril ou en mai. Et Sony ne précisera pas la date définitive avant deux semaines.