La reprise en main de la radio anglophone genevoise WRG par la SSR se concrétise. Le service public était déjà, aux côtés de l'agence d'informations financières Reuters, le principal actionnaire de la station depuis sa création en 1996, les deux partenaires détenant chacun 42,5% du capital. Mais Reuters ayant décidé de réduire sa participation à 25%, la SSR se retrouve aujourd'hui actionnaire majoritaire. Par ailleurs, la Société anonyme du Journal de Genève et Gazette de Lausanne (coéditeur du Temps) accroît sa participation à 16%. Cette répartition du capital doit encore recevoir l'aval de l'Office fédéral de la communication (Ofcom). Du côté du conseil d'administration, la présidence a été reprise par le directeur de Radio Suisse Internationale (SRI), Nicolas Lombard, tandis que Gilbert Coutau de la Société du Journal de Genève ainsi que Gérard Tschopp, le nouveau directeur de la Radio suisse romande, sont devenus administrateurs.

Outre ces changements capitalistiques, la station anglophone a également rénové en profondeur ses programmes pour tenter d'améliorer à la fois l'audience et les recettes publicitaires. Le but étant de rendre rentable cette station qui, depuis sa naissance il y a trois ans, ne survit que grâce au soutien financier de ses actionnaires. Cette mue a été conduite par le nouveau directeur de la radio, Pietro Ribi, qui en a repris la tête en févier dernier après le départ précipité de son prédécesseur, l'Américain Michael Hedges (Le Temps du 6 février). Pietro Ribi vient de la direction générale de la SSR où, outre WRG, il continue de diriger les trois programmes radio par satellite qui ont succédé à la télédiffusion.

Pour Pietro Ribi, la station anglophone genevoise cumulait toute une série de problèmes qui handicapaient sérieusement son développement: «Nous étions ainsi mal positionnés, explique-t-il, ce qui ne nous permettait pas d'engranger des recettes publicitaires suffisantes. Il a donc fallu améliorer cette situation.»

Les responsables de la radio ont donc lancé un programme de relance en trois étapes. «Tout d'abord, nous avons décidé de réduire à l'antenne les longues périodes parlées que mon prédécesseur avait instaurées. Cela décourageait les auditeurs dont l'anglais n'est pas la langue maternelle et qui sont nombreux dans la région.» Par ailleurs, la direction de WRG a décidé d'intensifier son offre d'informations. «En effet, un certain nombre de nos auditeurs nous laissaient tomber le matin pour aller suivre les journaux de la BBC diffusés par Radio 74, la station anglophone qui émet depuis la France. Nous avons donc demandé à la BBC de diffuser trois de ses journaux, à 8 h, 13 h et 19 h. Par ailleurs, nous allons intensifier le nombre de bulletins d'infos repris de Radio Suisse Internationale.»

Enfin, WRG a transformé son programme musical en diminuant la part accordée au rock et en donnant plus de poids aux grands succès des années 80 et 90. «Nous avons dû trouver un créneau spécifique qui ne concurrence ni NRJ ou Couleur 3, ni Nostalgie.»

Grâce à ces transformations, la station genevoise espère désormais atteindre les 100 000 auditeurs réguliers, alors qu'elle plafonne actuellement à 60 000. Du côté des recettes publicitaires, Pietro Ribi relève avec satisfaction que le mois de juin a été très positif: «Nous avons couvert nos frais. J'espère que cela va se poursuivre et que nous pourrons ainsi bientôt rembourser les prêts accordés par nos actionnaires.» Diffusée dans la région genevoise sur la fréquence 88.4 FM, WRG est également audible dans une partie du canton de Vaud, notamment dans certains quartiers de Lausanne.