Au Salon du livre et de la presse, la présence de la Radio suisse romande a revêtu d'autant plus d'intérêt qu'elle s'est trouvée en concurrence presque frontale avec la télévision. Les deux médias nationaux se trouvaient en effet dans le même quartier. Mais l'auditeur n'aborde pas la radio comme le téléspectateur «sa» télévision: l'une dévoile ce qui est invisible la plupart du temps, la TV doit au contraire en rajouter puisqu'elle passe déjà ses journées à se montrer. Pour une radio, la partie se joue dans le dosage entre le vedettariat nécessaire à tout marketing et le mystère qui fait, après tout, une partie de son charme.

Le contraste était ainsi grand entre les stands RSR et TSR. A la télévision, les plateaux fabriqués pour l'occasion, les causeries nappées d'une généreuse louche de nombrilisme qui allaient jusqu'à mettre en scène des «débats» entre un animateur et… un animateur. A la radio, le simple spectacle du travail, les émissions en direct «exhibées» toutes crues, toutes nues. Ces choix semblaient si clairs qu'ils déteignaient sur le public lui-même: en face du stand TSR, une nuée de badauds ravis de voir la bête Jean-Philippe Rapp pour de vrai, mais qui n'écoutaient guère ce que le journaliste avait à dire. A la RSR, des têtes courbées, des cous tordus pour recueillir quelques bribes de l'intimiste susurrement entre Patrick Ferla et son invité du jour. Voir un mystère dévoilé, ça se mérite.