« Quelle Suisse pour l’Europe?» La question, posée par la Jeune Chambre économique [de Genève] […] était trop étroite pour satisfaire l’appétit de Nicolas Hayek, vendredi à l’hôtel Intercontinental à l’occasion d’un déjeuner-débat. Le grand prêtre des restructurations s’est attaqué à «Quelle Suisse dans le monde?» […]

«Regardons-nous. Nous sommes bien habillés, bien assis, nous avons bien mangé. Mais sommes-nous encore capables de prendre des risques pour faire face à la concurrence étrangère?» […] Les propos bien tassés de Nicolas Hayek firent se dresser toutes les oreilles. Non, il ne parlera pas de l’Europe, mais de la Suisse face à la concurrence internationale, en des termes apocalyptiques que n’auraient pas désavoués les moralistes romains décrivant la Décadence. L’humour en plus.

Décadence en l’occurrence industrielle: «Je constate que l’industrie suisse s’affaiblit dangereusement. Les entrepreneurs ont perdu l’habitude de se battre.» […]

Les responsables de ce gâchis? Les entrepreneurs englués dans l’opulence, la torpeur de leurs associations professionnelles, une ambiance générale de désintérêt pour l’industrie innovante. Le remède, selon M. Hayek: l’émergence de nouveaux leaders sachant clairement définir des objectifs et ayant le courage de dire au peuple suisse les dangers mortels de paresse et d’inaction qui le menacent. […] »