Il y a un an, Hans-Rudolf Merz ouvrait une brèche majeure dans le secret bancaire. Le 13 mars 2009, le président de la Confédération annonçait que la Suisse allait se conformer aux normes de l’OCDE sur l’assistance administrative en matière fiscale, supprimant du même coup la distinction entre fraude et évasion fiscales au niveau international. Résignée, la place financière suisse acceptait la décision en espérant avant tout un retour au calme, indispensable à la conduite de ses affaires. L’Association suisse des banquiers déclarait «pouvoir vivre avec» cette réforme, tandis qu’economiesuisse se montrait soulagée du fait que le pays évite de figurer sur une liste noire brandie par l’organisation.

Un an plus tard, le calme est tout sauf revenu: ni sur le plan politique, comme le démontrent les dissensions internes du Parti libéral-radical à propos de la «stratégie de l’argent propre», ni à l’intérieur de la branche, où les adeptes d’une activité axée uniquement sur la gestion d’avoirs déclarés s’opposent aux partisans du seul projet Rubik d’impôt libératoire.

Entre-temps, des milliers de clients des banques suisses aux Etats-Unis et au Canada ont fait les frais de ce revirement. Ils dénoncent une «trahison», qui nuira durablement à l’image de la Suisse. Tout au long de cette année, ni le Conseil fédéral ni les banques n’ont eu un mot pour eux. Patrick Odier, président de l’ASB, reconnaît qu’il y a eu des «maladresses». «Cela a pu prendre des formes regrettables, admet-il. Des banques ont pu aussi y être forcées, notamment par les autorités américaines. Et aussi pour s’assurer qu’elles ne mettaient pas en danger le reste de la clientèle. Cependant, il ne faut pas généraliser. Certaines banques ont su garder leurs clients au cœur de leurs priorités.»