Dix-huit nationalités sont présentées tour à tour, des Portugais aux Erythréens en passant par les Russes. Le choix des pays s'est fait arbitrairement, en essayant de maintenir un certain équilibre par continents.

Le projet est né il y a quelques mois à l'initiative de deux jeunes journalistes, Laurent Caspary et Léo Bolliger. Jacques Poget, rédacteur en chef du quotidien vaudois, a tout de suite été emballé: «L'idée de départ était de parler d'une communauté par mois pendant un an. Nous avons finalement décidé de faire une série d'été, afin d'informer les gens avant la votation populaire du 24 septembre.» Balayer les stéréotypes et montrer l'immigration sous son vrai jour est le but premier de ces articles. On nous présente pourtant les Portugais comme des travailleurs fiables et discrets, les Congolais comme des fêtards invétérés… «Les clichés ne sont pas tous faux, dans ce cas, on ne peut que les répercuter», constate Jacques Poget.

Le tour d'horizon se découpe en différentes rubriques: description de la communauté, lieux de rencontre, perception de la Suisse et même une recette de cuisine! Une autre catégorie s'intitule bizarrement «leur apport». Mais pourquoi s'ingénier à prouver l'utilité des étrangers pour la Suisse alors que l'on cherche précisément à éviter que la question ne se pose? «Quand on parle des immigrés, il y a toujours des préjugés et on les catalogue rapidement. Nous avons voulu répondre à cette façon négative de les juger», explique Jacques Poget. Le rédacteur en chef espère que cette série d'articles aura un impact positif quant à la prochaine votation. Les premiers échos sont favorables, certaines communautés non représentées ont même appelé 24 heures pour demander à figurer dans une éventuelle prochaine série. Jacques Poget n'exclut pas cette hypothèse et se dit très fier de cette rubrique, d'autant plus qu'elle a été entièrement réalisée par de jeunes journalistes, au nombre de 18.

Les immigrés sont décidément à l'honneur, puisque La Liberté propose une série d'article sur le thème de l'ouverture des syndicats aux personnes d'origine étrangère. Ces papiers sont tirés de la recherche conduite à l'Université ouvrière de Genève par Malik von Allmen et Jean Steinauer. Elle repose sur 1310 notices biographiques de cadres syndicaux issus de l'immigration. Un travail repris par La Liberté plus pour sa qualité que pour l'éclairage qu'il peut apporter à la montée de l'extrême droite en Suisse, selon la rédaction en chef du quotidien fribourgeois.