L'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne fête cet automne le 50e anniversaire de son accession au statut fédéral. Elle propose une série d'articles sur ses différentes facettes.

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L’histoire d’un institut de technologie tel que l’EPFL, c’est aussi l’histoire des femmes et des hommes qui se retrouvent sous les feux de la rampe grâce à leurs travaux de recherche. Si les champs d’étude sont presque infinis, certaines thématiques sont toutefois chevillées au corps de l’institution.

Six domaines sont particulièrement dynamiques à l’EPFL: l’énergie et la durabilité, les neurosciences et la neuroingénierie, la confiance numérique et la protection des données, l’imagerie scientifique, les systèmes intelligents et les sciences fondamentales. Beaucoup de ces thèmes se recoupent pour donner naissance à des découvertes très novatrices. A ce titre, l’imagination n’est souvent pas en reste. «La recherche est une activité de créateurs, estime Martin Vetterli, président de l’EPFL. Il faut de l’imagination pour établir des conjectures, avant de les éprouver expérimentalement».

Le témoignage de Wendy Queen

Wendy Queen, arrivée à l’EPFL en 2015, à la tête du Laboratoire des matériaux inorganiques fonctionnels installé à Sion, combine ainsi la chimie à la science des polymères pour développer des «éponges» capables d’extraire presque n’importe quel matériau d’une solution aqueuse. En particulier des métaux lourds, sources d’importantes pollutions. Elle a récemment pu dé-
montrer l’efficacité de ses poudres, composées de structures métallo-organiques (metal-organic frameworks, ou MOF) et de poly-mères, en extrayant de l’or a partir de boues d’épuration! «Nous ne pouvons pour l’instant fabriquer que de très petites quantités de poudre, explique-t-elle. Au terme des essais en cours, j’aimerais trouver le moyen d’en produire davantage, afin de pouvoir les mettre à disposition des populations qui en ont le plus besoin, en particulier dans les pays défavorisés, où les eaux sont très souvent polluées
au plomb.»

C’est également la rencontre des neurosciences et de l’ingénierie qui anime les travaux du Centre de neuroprothèses de l’EPFL (CNP), basé à Campus Biotech (Genève) et dirigé par Stéphanie Lacour. Les huit chercheurs qui composent le centre travaillent sur les implants électroniques souples, la paralysie, la cécité, la prosthétique, la réhabilitation à la suite d’accidents vasculaires cérébraux, l’épilepsie ou encore les interfaces cerveau-machine. La combinaison des travaux de plusieurs des chercheurs du CNP, associés à ceux d’une chirurgienne du CHUV, ont ainsi permis l’an dernier à plusieurs paraplégiques de retrouver une certaine mobilité. Pour y parvenir, les chercheurs – Grégoire Courtine et Jocelyne Bloch – ont implanté sur la moelle épinière des patients des électrodes capables de délivrer des impulsions électriques précises liées à la détection dans le cerveau d’une intention.

Au cœur d’une société marquée par la numérisation de nombre d’aspects de la vie quotidienne, l’EPFL est aussi à la base d’un important consortium de recher-che, le Center for Digital Trust (C4DT). Son but est de mettre en relation les chercheurs en informatique et les entreprises de services, entre autres pour aider ces dernières à élaborer des solutions pour faire face aux problèmes de protection des données ou de sécurisation des transactions.

350 laboratoires

Les 350 laboratoires de l’EPFL, répartis dans cinq facultés et deux collèges, publient chaque année plus de 3000 articles dans des revues scientifiques. L’Ecole est aussi dans le peloton de tête pour l’obtention des bourses de recherche de la Commission européenne, ce qui témoigne de la grande qualité des dossiers de candidature. Enfin, l’EPFL figure en bonne position au palmarès de nombreux classements académiques. Autant d’indicateurs qui démontrent que l’école tient très à cœur sa «deuxième mission», la recherche, aux côtés de l’éducation et de l’innovation.