Entouré d’un gros buzz avant sa sortie, Bayonetta était attendu comme le «beat’m all» (jeu de combat dont le but est de dézinguer tout ce qui passe à porter de pistolet ou de katana) qui allait révolutionner le genre. L’on trouve derrière les manettes un cador du jeu vidéo, en la personne de Hideki Kamiya, auteur de Devil May Cry, de Resident Evil 2 ou encore de l’onirique Okami, ainsi que son studio Platinum Games, à qui l’on doit l’excellent Mad World, sur Wii. Tout était réuni pour vivre une expérience ludique hors-normes. Les attentes ont été en grande partie comblées, même si Bayonetta n’atteint pas la perfection espérée.

Le scénario se révèle des plus conventionnel: une sorcière, Bayonetta, se réveille amnésique après plusieurs siècles passés en exil au fond d’un lac. Elle va partir en quête de sa mémoire, en dégommant sans vergogne tous les hideux envoyés du Paradis se trouvant sur son chemin. Car, petite précision importante, la belle travaille pour ceux du bas… Mince, classique, mais relativement efficace. Et personne n’attend d’un beat’m all qu’il réinvente l’eau tiède.

Si le genre est actuellement dominé par God of war – dont le troisième volet doit bientôt sortir -, Bayonetta ose une version beaucoup plus sexy. Ici, point de muscles saillants surdimensionnés, mais des talons aiguilles auxquels sont attachés de bons gros calibres. L’héroïne, aux allures de secrétaire portant lunettes à écaille et combinaison de cuir, n’hésite jamais à prendre des poses suggestives et à jouer de ses formes. Surtout, elle aime faire mal, à témoin certains mouvements finaux – dits « attaques sadiques »… - qui propulsent ses adversaires dans une vierge de Nuremberg ou sur une guillotine.

On l’aura compris, Bayonetta mise beaucoup sur la dynamique et les visuels de combat qui en mettent pleins les yeux, avec des ennemis gigantesques et pour le moins fantasmagoriques. Quitte parfois à se perdre un peu dans un déluge de plomb. De très (trop) nombreuses cinématiques viennent remplir les espaces entre les scènes de bataille, n’apportant pas toujours grand-chose à l’histoire. Le gameplay se révèle extrêmement simple à maîtriser, avec la possibilité de ralentir le temps lorsque l’on parvient à esquiver un coup au dernier moment. Petit bémol, les temps de chargement peuvent se révéler assez longs.

Au final, Bayonetta se joue des codes du genre, pratiquant avec bonheur le deuxième degré, se donnant même parfois des ambiances de polar à l’ancienne, avec un côté sexy et gore entièrement assumé. La revanche des femmes fatales, en quelque sorte…

Age : 18 ans

Note : 3,5 sur 5