Christopher Tarnovsky attire l’attention. Le parterre de hackers et de spécialistes de la sécurité informatique venus l’écouter dans le cadre de la Black Hat le connaît bien. Son passé également et ses démêlés judiciaires en 2007 avec l’entreprise vaudoise Kudelski.

A l’époque, l’électronicien de 42 ans est accusé d’avoir été recruté par la société israélienne NDS, concurrente de Kudelski, pour casser et publier sur Internet les codes de sécurité de Canal + en 1999. La diffusion des codes avait permis à des centaines de milliers de petits malins d’accéder aux programmes cryptés sans payer d’abonnement. Le pirate américain était payé 65 000 dollars par NDS pour casser les cartes de Kudelski. «Une pratique courante dans le secteur. NDS dépense des millions par année pour sa sécurité.»

Christopher Tarnovsky est au­jour­d’hui de retour. Il s’est lancé depuis cinq ans en indépendant avec sa société Flylogic, à travers laquelle il met son savoir-faire à la disposition d’une quinzaine de fabricants d’électronique pour tester la résistance de leurs produits face aux assauts des pirates avant leur mise sur le marché. En Suisse notamment, où Christopher Tarnovsky collabore avec une société helvétique qui produit les puces électroniques implémentées dans les téléphones portables. L’Américain garde le silence. Il a signé un contrat de confidentialité, «mais c’est un gros mandat».

Pour le compte d’autres clients, il est mandaté pour casser la technologie des entreprises concurrentes. «On m’engage par réputation. Beaucoup de sociétés sont prêtes à payer des millions de dollars pour infiltrer la concurrence. C’est le business qui veut ça. Mais ne comptez pas sur moi pour briser la relation de confiance qui me lie à mes clients.»