Bada, Windows, Android, MeeGo, Symbian, iPhone, BlackBerry… Ils n’étaient qu’une poignée en 2009, ils seront une dizaine en 2010. Les systèmes d’exploitation pour téléphones mobiles se multiplient et chaque fabricant de portable semble vouloir le sien. La semaine passée, lors du Mobile World Congress de Barcelone, Nokia et Intel ont aussi présenté MeeGo, tandis que Samsung lançait Bada sur son dernier mobile, le Wave.

Ces querelles d’ego entre fabricants intéressent aussi les consommateurs. Si le choix d’un smartphone dépend toujours avant tout de la marque du mobile, le système d’exploitation devient petit à petit un critère lors de la sélection. En relançant enfin Windows sur mobiles, Microsoft a marqué le congrès de la semaine dernière. Les grands boutons, inspirés de son baladeur audio numérique Zune, promettent une interface dépouillée et simple à utiliser. Même si les téléphones équipés de ce nouveau Windows ne seront commercialisés que pour Noël en Suisse, la mise aux oubliettes de la précédente version de Windows (6.5) est une excellente nouvelle pour les consommateurs. Reste à savoir si l’image de marque de Microsoft dans ce secteur est déjà irrémédiablement atteinte…

La puissance d’Android

Barcelone a aussi été l’occasion pour Google d’étaler la puissance de son système Android, de plus en plus simple à utiliser. Eric Schmidt, directeur de la firme, a fait le déplacement pour vanter Android: 60 000 appareils équipés seraient ainsi vendus chaque jour – à titre de comparaison, au quatrième trimestre, Apple aurait vendu environ 96 000 iPhone par jour. Disponible sur 26 téléphones différents, Android progresse donc très vite. Ce chiffre devrait plus que tripler cette année.

D’autant que les fabricants créent des appareils qui exploitent au maximum ses possibilités. Déjà concepteur du Nexus One pour Google, HTC a ainsi présenté son modèle Desire, la Rolls du genre: un processeur de 1 GhZ, un superbe écran de 9,25 cm de diagonale, la compatibilité avec Flash 10, un capteur photo avec détecteur de visages… L’appareil s’annonce très rapide et parfaitement conçu pour naviguer sur le Web.

Le fabricant taïwanais suit aussi la tendance des téléphones compactés. Il lance ainsi le modèle HD Mini, aussi doté d’un écran tactile, mais d’une diagonale de 8 cm pour un poids plume de 110 gr. Malheureusement, il tourne sous Windows 6.5.

Dans la même veine, et suivant aussi le Nokia N97 mini, Sony Ericsson redresse un peu la tête avec un autre modèle ultra compact, le Xperia X10 mini: 88 gr., un écran tactile de 6,3 cm de diagonale, bref, un format similaire à une carte de crédit pour un mobile doté d’un GPS. Disponible sous Android, ce modèle se décline aussi avec un clavier physique. Reste que les modèles avec uniquement un écran tactile progressent: au quatrième trimestre 2009, 55% des smartphones vendus en étaient équipés, selon la société de recherche Canalys.

Le casse-tête des applications

Plus rapides et plus simples à utiliser, ces portables, attendus pour ces prochains mois, risquent de donner des cheveux blancs aux développeurs d’applications. Car plus les systèmes d’exploitation se multiplient, plus il devient compliqué de créer des programmes pour chaque téléphone. Et il n’est pas certain que la récente création de la «Wholesale Applications Community», constituée de 24 opérateurs et fabricants de portables, puisse améliorer la situation.